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Au Val de Travers, c’est la lutte champêtre

Préparation d'une soupe
©RZ

Alors que les premières prises de paroles approchent, des bénévoles préparent la soupe à l’avoine et au cochon à Fleurier.

Une poignée de discours, de la soupe à l’avoine et au porc et des notes engagées ont fait du rendez-vous de Fleurier un moment de partage convivial.

A quelques pas à peine de la gare de Fleurier, au cœur du Val de Travers, la rue de l’Etincelante qui longe un square en gazon s’est muée en place du Peuple. Une petite pancarte en carton – imitation réussie des panneaux officiels – indique cela aux passants et à celles et ceux qui pénètrent dans ce périmètre. Et puis, il y a ce message, bien visible sur une banderole: «Moins de salaires, plus de crise? NON à l’initiative du chaos de l’UDC!». Ce slogan, estampillé Unia, renvoie immédiatement à la bataille d’idées en cours, imposée au peuple par la droite dure à travers une initiative populiste dont il faudra trancher le sort aux urnes le 14 juin prochain. Dans ce coin du Canton de Neuchâtel comme ailleurs en Suisse, la thématique s’est invitée à la Fête du Travail, en ce 1er Mai. A Fleurier, pas de cortège pour dire son opposition à cela, mais un rendez-vous aux allures champêtres donné aux citoyens, dans une ambiance très bon enfant. 

Protéger les salaires
Tables et banquettes ont fini petit à petit par faire le plein d’occupants et, à l’heure des premières prises de parole, les lieux avaient belle allure, entourés par des stands de toutes sortes. Ce qui donne à ces événements annuels un côté joliment bigarré. Ainsi, pas loin de la petite tente du PS neuchâtelois, voici celle de l’OSEO et du POP, tandis qu’une modeste table est occupée par des tracts de la Fédération libertaire des montagnes et que des pancartes signées Seebrücke dénoncent la forteresse qu’est devenue l’Europe face aux flux migratoires. A peine plus loin, Unia prépare depuis un certain temps déjà de quoi se sustenter, avec notamment une soupe à l’avoine et au porc mijotant durant presque toute la matinée.

Chaque entité politique présente a eu droit au micro pour rappeler les traits des luttes politiques en cours. Nathalie Sousa, secrétaire syndicale à Unia Neuchâtel, dans le secteur de la construction, a souligné que le 1er Mai «n’est pas une tradition mais un moment de vérité. Aujourd’hui, des questions se posent et les mauvaises réponses vont plus vite, malheureusement.» Allusion évidente aux propositions de l’UDC. Avant d’enchaîner sur la nécessité de protéger le statut et le salaire des catégories professionnelles essentielles: les soins, le nettoyage, l’industrie ou le bâtiment. Lui a succédé, parmi d’autres intervenants, le témoignage d’un migrant malgache qui a raconté le long périple avant son arrivée en Suisse, ponctué par un lot conséquent de discriminations. Lutter contre les préjugés, voilà son combat personnel, parce que les étrangers «ne sont pas des paresseux profiteurs, ni des criminels», a-t-il rappelé.  

Le temps d’un repas convivial, puis la fête s’est poursuivie sur les notes et les mots engagés du groupe L’Autre, puis de Justin Thierry qui, accompagné par Julien, a présenté le Père pinard. 

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