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Horaires des magasins à Genève: les syndicats ne rendent pas les armes

Personnes collant des affiches.
© Olivier Vogelsang

A Genève, ce 14 juin, la Loi sur les heures d’ouvertures des magasins (LHOM) a été approuvée à près de 53% des voix.

Tout en prenant acte de l’extension du travail dominical, les syndicats préviennent qu’ils veilleront à empêcher les abus.

«Le patronat arrache une étape, pas la paix sociale.» C’est ainsi que le comité unitaire «Le dimanche, on débranche!», dont fait partie Unia Genève, titre son communiqué de presse sur le résultat de la votation cantonale genevoise sur les heures d’ouvertures des magasins. Ce dimanche 14 juin, alors que la Suisse rejetait l’initiative de l’UDC «Pas de Suisse à 10 millions!» et que Genève vivait au rythme turbulent de la manifestation contre le G7, le canton se prononçait aussi sur la possibilité d’ouvrir les commerces deux dimanches de plus par an. 

Hélas, force est de constater que la population – qui avait pourtant approuvé à deux reprises dans les urnes le principe qu’une telle extension des ouvertures dominicales soit conditionnée à la signature d’une convention collective étendue dans la branche – s’est cette fois laissée convaincre par les chantres du shopping sept jours sur sept. La Loi sur les heures d’ouvertures des magasins (LHOM) a en effet été approuvée à près de 53% des voix. Ainsi, les magasins pourront ouvrir deux dimanches supplémentaires en fin d’année, en plus du 31 décembre (jour férié à Genève).

 

Mauvaise nouvelle

 «Le comité unitaire de campagne prend acte avec regret du résultat de ce jour, écrit-il dans son communiqué. En acceptant la modification de la LHOM, la population genevoise a validé une nouvelle extension du travail dominical sans garanties collectives à la hauteur de ce que le personnel était en droit d’exiger.»

Pour le comité, c’est une mauvaise nouvelle pour les travailleuses et travailleurs de la vente. «Mais aussi pour toutes celles et ceux qui, derrière un magasin ouvert le dimanche, assurent le nettoyage, la logistique, le transport, la sécurité ou l’encadrement. Ce qui vient d’être accepté n’a rien d’une innocente petite adaptation: c’est un pas de plus dans la banalisation du travail dominical et dans la disponibilité au travail toujours plus poussée de la société.»

Et de dénoncer par ailleurs une manipulation politique de la part du Conseil d’Etat: «En prétendant placer la population devant l’alternative grossière «deux dimanches ou trois», en annulant un premier scrutin puis en laissant ensuite autoriser des ouvertures dominicales que nos organisations ont toujours considérées comme illégales, les autorités ont profondément brouillé les esprits. Une partie de l’électorat a sans doute voté en croyant choisir un moindre mal, alors même que beaucoup auraient voulu en réalité zéro ouverture dominicale supplémentaire. Le comité unitaire se réserve, en conséquence, toute appréciation juridique utile sur la suite du dossier.»

 

Préparer la suite du combat

Le comité unitaire rappelle qu’au niveau national, le projet des douze dimanches ouverts par année vient d’être rejeté au Conseil des États, mais prévient que «le camp patronal reviendra à la charge» et appelle donc à préparer dès maintenant la suite du combat. Notamment en étant «extrêmement vigilant sur l’application concrète de cette loi genevoise. Nous prenons acte des promesses répétées du patronat sur le “volontariat” et sur les compensations salariales. Nous appelons l’inspection du travail à exercer pleinement sa mission.» 

Les syndicats avertissent d’ores et déjà qu’ils ne toléreront «ni faux volontariat, ni pressions hiérarchiques, ni contournements, ni dégradation déguisée des conditions de travail, y compris sur la question du salaire minimum légal à la suite de la modification acceptée dans les urnes le 8 mars dernier.» Pour le comité, «les compensations financières ne rachètent ni le repos, ni le temps avec les proches, ni la santé» pour un personnel en majorité féminin, «dont les conditions de travail sont déjà difficiles, les salaires souvent trop bas et les week-ends déjà largement entamés».

Au début du mois d'octobre, une assemblée de la vente est prévue par les syndicats, afin de mener une réflexion pour la suite.

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