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Hausse de la TVA: La gauche défend son compromis

Manifestation 13e rente à Yverdon
©Thierry Porchet/archives

Quelques semaines avant le vote sur la 13e rente AVS, en 2024, la population yverdonnoise disait déjà clairement qu'elle ne voulait pas que l'âge de la retraite soit touché pour financer cette avancée sociale.

Les Suisses se prononceront le 29 novembre sur le financement de la 13e rente AVS. Une votation au-dessus de laquelle plane le spectre d’une hausse de l’âge de la retraite.

Les soutiens d’une hausse de la TVA pour financer la 13e rente AVS se sont réunis mardi 12 octobre à l’Hôtel Kreuz, à Berne. Un lieu bien choisi, puisque ce que la gauche, les syndicats, ainsi que Le Centre et le Parti Évangélique, ne veulent pas, c’est faire une croix sur une solution saine pour cette rente supplémentaire, plébiscitée en mars 2024 avec plus de 58% de «oui». Le 29 novembre, le peuple est appelé à se prononcer sur le financement de cette mesure.

Alors que la gauche et les syndicats optaient dernièrement pour un mix qui comprenait une augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée et des cotisations salariales, cette proposition a été rejetée par le Parlement, qui a préféré une simple hausse de la TVA de 0,4%. Une solution imparfaite, mais qui a le mérite d’assurer une base pour le financement de la 13e rente – et donc pour sa pérennité –, jugent les défenseurs du «oui». Le versement supplémentaire, qui aura lieu pour la première fois le 3 décembre 2026, coûtera plus de 4 milliards de francs. La hausse de la TVA permettrait d’apporter environ 1,5 milliard de francs.

Acrobatie parlementaire

Cette hausse de la TVA est aujourd’hui combattue par une partie de la gauche, mais principalement par les élus de droite. Ce qui, pour ces derniers, s’apparente à un véritable exercice d’équilibriste. En effet, le PLR votait en juin en faveur d’une augmentation de 0,5 point de la TVA, mais estime aujourd’hui que le hausse de 0,4% est excessive. «Des acrobaties, j’en ai vu! Mais des aussi spectaculaires, pas souvent, lance Pierre-Yves Maillard, président de l’Union syndicale suisse et conseiller aux Etats. Mais je ne suis pas si étonné. On note un changement de cap stratégique effectué par ceux qui veulent affaiblir l’AVS. La droite appliquera la politique des caisses vides. Elle va commencer par créer des déficits, comme dans les cantons, puis elle s’appuiera sur ces déficits pour réclamer des baisses de rentes.»

Une stratégie qui ne convainc pas non plus Le Centre, un parti pourtant régulièrement allié du PLR sur d’autres questions. «Celui qui promet des prestations doit également assumer la responsabilité de leur financement, a estimé Philipp Matthias Bregy, président du parti et conseiller national valaisan. Un «non» le 29 novembre ne ferait pas disparaître les coûts liés à la 13e rente AVS. Les dépenses resteraient les mêmes. Ce qui manquerait, ce sont des recettes supplémentaires pour en financer une partie.»

Attaque contre les rentes à prévoir

Et qui dit manque de recettes, dit mesures d’économies. Le président de l’USS à sa petite idée sur la proposition qui sera portée par le PLR et l’UDC pour financer la 13e rente. «En 2024, ils ont tenté d’augmenter l’âge de la retraite en disant que la démographie ne nous laissait pas le choix. Trois quarts des Suisses ont voté contre. Donc désormais, la stratégie est de plomber le financement de la rente supplémentaire dans un premier pour forcer la main à la population ensuite. Ils parlent déjà de réformes structurelles. Qu’on ne s’y trompe pas: cela signifie bien une augmentation de l’âge de la retraite, et donc, factuellement, une baisse des rentes.»

Une impasse pour les partisans du texte, qui doivent maintenant convaincre le peuple. Mais demander aux Suisses de payer, même pour une prestation dont ils bénéficient actuellement ou bénéficieront par la suite, n’est jamais chose facile. «Il faut expliquer clairement les enjeux du texte, argue Léonore Porchet, vice-présidente des Vert.e.s et conseillère nationale vaudoise. Il ne s’agit pas de voter pour ou contre une hausse de la TVA. C’est une votation qui déterminera si on finance la 13e rente ou si on ne la finance pas. Il faut ensuite rappeler que le compromis trouvé a un excellent rapport qualité-prix. Pour les ménages à revenus modestes ou moyen, on estime que cette hausse représente entre 70 et 110 francs par année. Or, en moyenne, la 13e rente rapportera 2000 francs aux retraités.» Il est aussi intéressant de noter que les produits de première nécessité ne seront pas concernés par la hausse de la TVA.

Surtout, la gauche craint les nombreuses attaques contre les travailleurs qui suivront si le texte est refusé. Car la hausse de l’âge de la retraite ne sera pas la seule cible des partis bourgeois. «La 13e rente est une victoire majeure pour les syndicats, rappelle Pierre-Yves Maillard. Ce qu’on souhaite, c’est que cette victoire soit durable. Et pour cela, il faut que le financement de l’AVS soit pérenne. Sinon, au lieu de continuer à développer les prestations, notamment pour les rentes de couples, nous serons constamment sur la défensive.» Les Suisses diront le 29 novembre si ces arguments les ont convaincus.

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