Deuxième round

Rebelote. On pensait en avoir terminé avec un tel scénario, mais nous voilà partiellement reconfinés. La météo étant beaucoup plus maussade qu’au printemps, les week-ends paraissent plus longs. Le brouillard et la pluie gâchent nos envies de balades. Les bricolages et éventuels travaux entrepris dans nos intérieurs ont été achevés lors de la première vague. Bref, on s’ennuie! On a du temps à tuer. Alors c’est le moment idéal pour lire – quand acheter un livre ne relève pas du parcours du combattant –, cuisiner, (re)voir des grands films ou... cogiter.

Eh oui, quand on tourne en rond, on se met à réfléchir, à questionner le monde. Et si l’on se penchait sur des mots devenus prégnants dans notre nouveau quotidien? Par exemple, confinement. Un mot qu’on employait jadis pour désigner l’enfermement dans le contexte de la prison... Intéressant. Plus récemment, on confinait les gens contagieux pour éviter qu’ils ne contaminent les sujets sains. Et aujourd’hui, donc, on confine les personnes qui vont bien pour ne pas qu’elles tombent malades… Il y a aussi le couvre-feu, pour les plus Français d’entre nous. Une pratique plutôt connue en temps de guerre, correspondant autrefois à l’extinction des lumières pour ne pas être repéré et, plus récemment, à l’interdiction de circuler quand une région est en état de siège afin que les militaires puissent assurer la sécurité de la zone. Un vocabulaire loin d’être anodin, avec une forte connotation, qui fait référence à un contexte anxiogène, délétère, alimentant le mal-être ambiant. Après tout, comme disait l’autre, nous sommes en guerre...

Il n’est pas question ici de minimiser l’ampleur et l’impact du Covid-19. Certes, ce virus représente un risque pour toute une partie de la population. Mais la façon qu’ont nos gouvernements de le gérer et de communiquer peut créer l’indignation. Tant d’injustices, d’incohérences, d’illogismes. On a eu droit aux multiples revirements sur le port du masque. On voit des commerces fermer à Genève alors que les mêmes ont le droit de rester ouverts à quelques kilomètres dans le canton de Vaud. Les Vaudois, justement, qui sont autorisés à se masser dans des magasins de fringues mais à qui il est interdit d’aller au cinéma ou de manger une pizza dans des établissements qui ont, pourtant, tout mis en œuvre pour assurer la sécurité de leurs clients. Ne parlons même pas de nos voisins français qui, en réponse à leur demande d’ouvrir les librairies ont vu l’accès aux rayons culturels de leur supermarché fermer, ne peuvent plus visiter – même de loin – leurs proches pour se changer les idées. Le coronavirus a tué plus d’un million de personnes dans le monde, mais combien de vies va-t-il détruire? Combien de personnes vont perdre leur emploi? Combien d’entreprises vont mettre la clé sous la porte? Combien de drames humains liés à l’isolement social va-t-on déplorer? Et quelles conséquences sur notre santé mentale à tous, petits et grands?