Brumadinho: Vale versera une indemnisation

Militants devant le siège international de Vale à Saint-Prex.
© Thierry Porchet/archives

Quelques jours après la rupture du barrage de Brumadinho, au sud-est du Brésil, des militants ont dénoncé les agissements de Vale, devant son siège international à Saint-Prex.

La multinationale brésilienne Vale versera 7 milliards de dollars (6,3 milliards de francs) de dommages «sociaux et environnementaux» à la suite de la catastrophe de Brumadinho en janvier 2019. Deux ans après, les négociations avec les autorités du Minas Gerais (Etat du sud-est du Brésil) ont abouti à un dédommagement d’un montant jamais atteint au Brésil. Mais cette compensation ne satisfait pas les municipalités et les victimes de la tragédie qui vont porter l’affaire devant la Cour suprême fédérale à Brasilia. Pour mémoire, le 25 janvier 2019, les parois du bassin de retenue des déchets de la mine de Corrego do Feijão, exploitée par la multinationale Vale, ont cédé. Plus de 10 millions de mètres cubes de déchets toxiques se sont déversés dans l’Etat de Minas Gerais. En plus de la catastrophe écologique, 272 personnes ont été tuées et 11 personnes ont disparu. Quelques jours après la tragédie, devant le siège de Vale International à Saint-Prex dans le canton de Vaud, Valter Sanches, secrétaire général d’Industriall dénonçait: «La compagnie connaissait les risques, déjà depuis plusieurs années. Elle aurait pu investir, elle a préféré générer encore plus de profit!» L’Agence nationale des mines avait en effet révélé des manquements dans les informations reçues de la part de Vale qui ne correspondaient pas aux documents internes au groupe minier. Le leader du minerai de fer n’avait pas non plus respecté les normes de maintenance des bassins de retenue préconisées par le Conseil international des mines et métaux (ICMM), dont il est pourtant membre. De surcroît, Brumadinho est la deuxième catastrophe dans la région du Minas Gerais à avoir impliqué Vale. En 2015, ce sont les bassins de retenue de la mine de Mariana, qui rompaient. Le torrent de boue toxique s’était répandu sur 663 kilomètres jusqu’à l’océan.