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Période décisive pour la lutte contre la pauvreté

Conférence de presse des CSP
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Les quatre CSP demandent une meilleure adaptation des minima vitaux en fonction de la réalité des personnes précaires.

Près de 743000 personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en Suisse en 2024, soulignent les Centres sociaux protestants. Les résultats de plusieurs votations à venir seront cruciaux pour protéger les plus précaires.

Le constat des Centres sociaux protestants (CSP) de Berne-Jura, de Genève, de Neuchâtel et de Vaud est sans appel: la politique menée par la Suisse ne permet pas de faire baisser le taux de pauvreté. Et ce, malgré la progression des connaissances sur la question. Selon le premier Monitoring national de la pauvreté, publié par la Confédération fin 2025, près de 743 000 personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2024, ce qui correspond à 8,4% de la population. Les chiffres de la Confédération montrent aussi que près de 1,5 million de personnes vivent juste au-dessus de ce seuil et sont donc exposées au risque de pauvreté.

Les différents CSP se sont réunis à Lausanne pour inviter la population à regarder au-delà des statistiques et à «interroger les seuils eux-mêmes». Car, selon les situations, «minimum vital» n'a pas la même signification. Les CSP demandent trois mesures pour passer du constat à l’action: la garantie effective du minimum vital, l’harmonisation et la revalorisation des minima vitaux et une meilleure mesure de la pauvreté et de la précarité.

Choix politique

Surtout, les quatre Centres sociaux protestants refusent de voir le minimum vital se transformer en variable d’ajustement pour coller aux budgets austéritaires de certains cantons. D’autant que cette pratique n’est pas une fatalité. Le Gouvernement neuchâtelois, à majorité de gauche, a augmenté les forfaits prévus par la Loi sur l’action sociale malgré des budgets très serrés. A l’inverse, Genève a baissé de 50 francs le forfait d’intégration de l’aide sociale.

«Nous le disons clairement: il sera difficile de lutter contre la pauvreté tout en allégeant la fiscalité»
Caroline Regamey, responsable politique sociale et recherche au CSP Vaud

Et si la situation n’a pas de quoi réjouir, elle pourrait carrément empirer dans les mois à venir. Plusieurs votations se tiendront prochainement et seront déterminantes dans la lutte contre la précarité. La plus proche se déroulera dans le canton de Vaud. Avec l’initiative 12%, qui vise surtout une baisse massive des impôts pour les contribuables les plus fortunés, la droite met en péril les prestations sociales assurées par le Canton. «L’initiative 12% nous inquiète, assène Caroline Regamey, responsable politique sociale et recherche au CSP Vaud. D’autant que le Conseil d’Etat vaudois a déjà annoncé vouloir faire des économies sur les subsides d’assurance maladie pour les personnes seules et les couples sans enfant. Ce sont donc les jeunes précaires qui vont trinquer. Mais nous le disons clairement: il sera difficile de lutter contre la pauvreté tout en allégeant la fiscalité. Il s’agit de choix politiques. Dans le canton de Vaud comme au niveau national, il y a des moyens et on peut sabrer ailleurs que dans les prestations destinées aux plus pauvres, la cible la plus facile, car la plus faible.»

Une autre votation pourrait avoir lieu prochainement, cette fois-ci à l’échelle nationale. Il s’agit du référendum porté par Unia contre l’attaque des salaires minimums, qui est actuellement en cours de récolte de signatures. Il est important de noter ici qu’on retrouve aussi des travailleurs et des travailleuses parmi les personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Selon les chiffres de la Confédération, cette situation concerne 4,3% des personnes actives occupées, soit près de 175000 salariés.

Les salaires minimums ont un impact

Or, un salaire minimum est une aide concrète pour ces travailleurs précaires. «Des études l’ont montré à Genève: l’introduction du salaire minimum a eu un impact positif dans la lutte contre la précarité, soulève Mathieu Crettenand, directeur du CSP Genève. Et ce ne sont pas seulement les travailleurs et les travailleuses qui touchent le salaire minimum qui en profitent. On remarque qu’il y a toute une dynamique qui pousse les revenus vers le haut.» Une position appuyée par Caroline Regamey. «Nous soutenons la défense des salaires minimums. Même si les aides sociales et les salaires minimums relèvent de deux logiques différentes, ils sont liés, notamment dans le cas de personnes actives dont le salaire ne suffit pas pour vivre.»

En attendant le résultat des urnes, les CSP agissent déjà concrètement pour soutenir les personnes précaires et lancent une nouvelle campagne autour du message: «La précarité, on s’en sortira ensemble». Chaque année, les Centres sociaux protestants aident des milliers de personnes, juridiquement, professionnellement mais aussi financièrement. En 2025, ils sont par exemple intervenus pour des aides financières ponctuelles et urgentes à hauteur de 1,3 million de francs.

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