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L’Union syndicale suisse demande des salaires plus élevés

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© Olivier Vogelsang / archives

En septembre 2024, une manifestation pour des augmentations de salaires avait été organisée par les syndicats. Le 10 septembre dernier, l'Union syndicale suisse a rappelé, lors d'une conférence de presse à Berne, ses revendications pour une meilleure répartition des richesses.

Pour 2027, les syndicats réclament une augmentation salariale de 2,5%, pour éviter que le pouvoir d’achat ne recule encore, et pour une meilleure redistribution des gains de productivité.

«Les entreprises suisses ont les moyens d’accorder des hausses de salaire. Dans l’ensemble, leurs affaires vont bien.» Le bilan de David Gallusser, secrétaire central et économiste à l’Union syndicale suisse (USS), est sans appel: les chiffres d’affaires progressent et les marges restent solides. Or les salaires réels ne suivent pas les gains de la productivité qui croît en moyenne de 1% par an. «Dans de nombreuses branches en Suisse, les travailleuses et les travailleurs ont vu leur salaire réel stagner ou reculer depuis 2016. Cette évolution est particulièrement préoccupante dans l’hôtellerie-restauration, dans la santé, dans certains secteurs de l’industrie ainsi que dans la construction et le commerce de détail. Et ce, alors même que les salarié-e-s sont toujours plus productifs, que l’on exige toujours davantage d’efforts de leur part et que la pression et le stress au travail ne cessent de s’intensifier», a dénoncé Vania Alleva, présidente d’Unia et vice-présidente de l’USS, lors d’une conférence de presse de la faîtière le 10 septembre.

Face au coût de la vie

Les revalorisations accordées ces dernières années, gagnées de haute lutte par les syndicats, n’ont pas réussi à compenser le renchérissement du coût de la vie, notamment avec les augmentations incessantes des primes d’assurance-maladie et des loyers.

De surcroît, environ 15% des salariés continuent de toucher moins de 4500 francs par mois, et près d’un tiers des titulaires d’un CFC moins de 5000 francs. «Chez les femmes, cette proportion atteint même 40 %, dénonce Vania Alleva. Dans le commerce de détail, un emploi sur quatre est faiblement rémunéré. Dans le nettoyage c’est un emploi sur trois et dans les branches des services à la personne (surtout la coiffure, les salons de beauté ou les blanchisseries), il s’agit même d’un emploi sur deux. Pareil pour près de la moitié des emplois de l’hôtellerie et de la restauration.»

Pour l’USS, ces bas salaires ne devraient plus exister, et tout employé formé devrait toucher au moins 5000 francs. D’où la demande de l’USS d’une augmentation générale des salaires de 2,5%, afin de compenser le renchérissement, atténuer la hausse des primes d’assurance-maladie, mais aussi permettre aux salariés de profiter de leur part des gains de productivité, et rattraper une partie du retard salarial accumulé ces dernières années. 

En plus des revendications générales, Unia demande l’introduction, dans toutes les conventions collectives de travail (CCT), de la compensation automatique du renchérissement, accompagnée d’un mécanisme permettant des négociations salariales régulières au-delà de cette compensation. Ce, afin de préserver durablement le pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs.

Unia détaille ses revendications selon les secteurs

Lors de la conférence de presse de l’USS, la présidente d’Unia, Vania Alleva, a souligné la force de l’industrie suisse malgré l’instabilité de la situation géopolitique et des politiques protectionnistes de certains États. «Les perspectives pour l’industrie d’exportation se sont améliorées en 2026 et en 2027. Bien que l’industrie des machines pâtisse encore de la vigueur du franc suisse, la transition vers les nouvelles technologies commence à porter ses fruits pour les entreprises. Dans la branche chimique et pharmaceutique, les marges ont continué de progresser, mais les augmentations salariales de l’année dernière, accordées pour la plupart à titre individuel, sont restées en deçà des attentes», précise la présidente. Elle relève une reprise des commandes dans l’industrie horlogère, après une période difficile marquée par la réduction de l’horaire de travail. La productivité, elle, a continué de progresser dans l’ensemble des branches (à l’exception de l’électronique). «Les associations patronales de l’industrie s’inquiètent à nouveau de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, tout en refusant de revaloriser les salaires, ce qui nuit à l’attrait du secteur», déplore Vania Alleva. Les revendications d’Unia s’adressent donc à toutes les branches industrielles: une augmentation de 2,5% des salaires, la compensation intégrale du renchérissement, l’indemnisation de la productivité, ainsi qu’un rattrapage des salaires, qui ont stagné ces dix dernières années.

Dans le commerce de détail, où les salaires sont bas, une augmentation de salaire réel est nécessaire pour faire face au coût de la vie. «Concrètement, Unia demande, dans le cadre des négociations salariales avec Coop, une augmentation de 100 francs sur les salaires effectifs de tous les employé-e-s, ainsi qu’une hausse correspondante des salaires minimums et de référence», explique Vania Alleva. 

Dans l’hôtellerie-restauration, une nouvelle convention collective nationale (CCNT) est en cours de négociation. L’objectif est notamment d’augmenter les salaires minimums et d’introduire des primes d’ancienneté.

Construction en plein essor

«Le second œuvre de la construction est en plein boom: au premier trimestre 2026, il comptait près de 240 000 emplois à plein temps, soit environ 2600 de plus qu’un an auparavant et plus de 15 000 de plus qu’en 2021. Les carnets de commandes sont solides et les perspectives prometteuses», ajoute Vania Alleva. La construction de logements et les travaux de rénovation globale et énergétique battent leur plein. Les entreprises disposent donc d’une marge de manœuvre pour augmenter les salaires, d’autant plus qu’elles font elles aussi face à une pénurie de personnel. Pour les branches du second œuvre, ainsi que pour les salariés de l’horticulture et du paysagisme le syndicat réclame donc une augmentation générale de 2,5% sur les salaires réels et les salaires minimums, avec des variations possibles selon les branches. Dans le secteur principal de la construction, Unia a obtenu un mécanisme de compensation du renchérissement pour les salaires effectifs et les salaires minimums. «Parallèlement, un nouvel accord sur le remboursement des frais a été trouvé, qui se traduit par une augmentation du pouvoir d’achat d’environ 0,7%, précise Vania Alleva. Compte tenu de l’excellente conjoncture dans la construction, Unia exhorte les employeurs de ce secteur à accorder des revalorisations salariales réelles au-delà de ce seuil.»

 

Images: Julia Neukomm, montage: Virginie Zimmerli

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