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Entre femmes et hommes, l’égalité salariale reste à conquérir

Billets de 50 francs
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L’écart de salaire inexpliqué est en moyenne de 640 francs brut par mois en défaveur des femmes. 

L’analyse de l’Office fédéral de la statistique met en lumière d’importants écarts. Les syndicats réclament davantage de contrôles et des sanctions pour inverser la tendance.

Il y a précisément trente ans, une loi ambitieuse voyait le jour en Suisse, consacrant le principe de l’égalité entre femmes et hommes. Ce dispositif légal est-il réellement efficace et correctement appliqué? La question se pose à la lecture des données relatives aux salaires, et plus particulièrement de l’analyse publiée à ce sujet par l’Office fédéral de la statistique. Divulgué le 31 août, le document fait état d’une très légère amélioration: l’écart salarial entre les sexes est passé de 16,2% en 2022 à 15,7% en 2024. Mais ce pourcentage demeure élevé et pousse l’Union syndicale suisse (USS) à réclamer des mesures drastiques pour inverser la tendance.

Concrètement, l’enquête révèle que les femmes gagnent en moyenne 1364 francs brut de moins que les hommes par mois. Une partie seulement de cet écart s’explique par des facteurs structurels, tels que le niveau de formation, le nombre d’années de service ou encore la position hiérarchique au sein d’une entreprise. Dans cette analyse, le secteur privé affiche un écart moyen de 17,2%, avec toutefois d’importantes variations selon les branches. Ainsi, l’écart atteint 7,9% dans l’hôtellerie-restauration, 16,9% dans le commerce de détail et 17,2% dans l’industrie des machines. Il prend une dimension bien plus importante dans les activités financières et d’assurance, où il s’élève à 30,6%. Quant au secteur public, qui comprend les administrations de la Confédération, des cantons et des communes, l’écart moyen est de 12,8%, soit un point de moins qu’en 2022.

Un secteur privé plus dégradé
L’autre partie de l’écart global demeure, elle, inexpliquée, car elle ne peut être attribuée à des facteurs structurels. À profils comparables entre femmes et hommes, la différence s’élève globalement à 6,5%, contre 7% en 2022. En termes concrets, cela signifie que les femmes gagnent en moyenne 640 francs bruts de moins par mois que les hommes. Là encore, le secteur privé présente une situation plus dégradée, avec un gap de revenu mensuel de 644 francs au détriment des femmes, soit un écart de 6,7%. L’hôtellerie-restauration est la branche la moins touchée, avec une différence de 191 francs. Celle-ci atteint toutefois 606 francs dans le commerce de détail, 829 francs dans l’industrie des machines et 1506 francs dans les activités financières et d’assurance.

Réagissant à ces chiffres, l’USS rappelle dans un communiqué que «l’écart inexpliqué plus élevé chez les femmes mariées confirme que le mariage et la maternité freinent fortement la progression des salaires des femmes et creusent durablement l’écart salarial avec les hommes». La faîtière appelle à une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, notamment à travers des mesures structurelles visant à renforcer et à rendre moins coûteux l’accueil extrafamilial des enfants. Elle réclame également davantage de contrôles et des sanctions en cas d’infraction à la loi. Enfin, elle dénonce les attaques contre les salaires minimums légaux, estimant qu’elles portent atteinte à l’égalité salariale «et creusent davantage l’écart salarial entre les sexes». 

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