Deux Afghans en formation risquent l’expulsion
Malgré leur intégration exemplaire, leur fort réseau amical en Suisse et leur formation en cours, deux jeunes Afghans risquent d’être renvoyés prochainement en Grèce par le Canton de Vaud. Yasin, 20 ans, a terminé un préapprentissage et poursuit une AFP (attestation fédérale de formation professionnelle) comme ferblantier-couvreur. Son employeur, Mario Borio, déplore cette situation dans une branche où la main-d’œuvre manque, et souligne: «Il est supermotivé, toujours le premier arrivé et le dernier parti. Tout le monde est content de travailler avec lui ici.» Ali Sina, 17 ans, a lui été promu meilleur élève de sa volée à l’école de l’Accueil, où il entame sa deuxième année, faute d’avoir pu signer un contrat d’apprentissage, notamment de carrossier, du fait de sa situation à l’aide d’urgence. Par ailleurs, un recours a été déposé au Tribunal fédéral, afin que son statut de mineur lui soit enfin reconnu (il aura 18 ans le 9 septembre prochain).
Si tous deux ont obtenu le statut de réfugié en Grèce à leur arrivée sur le territoire européen, l’absence de soutien et des conditions d’accueil déplorables les ont poussés à continuer leur route. «Yasin a marché depuis la Grèce pour arriver jusqu’ici, souligne Mario Borio. C’est un gars qui veut s’en sortir.» Quant à Ali, «son passage en Grèce a été traumatique», selon Sandrine Wullschleger, enseignante intervenant en classe d’accueil, qui a lancé une pétition contre cette décision de renvoi du Service cantonal de la population (SPOP). «Cette violence institutionnelle contre ces deux jeunes est révoltante», s’insurge-t-elle. Lancée lundi, la pétition a récolté près de 3000 signatures en vingt-quatre heures seulement. Celle-ci souligne notamment: «Briser un parcours d’intégration si exemplaire envoie un mauvais signal à tous les autres jeunes issus de la migration, desquels on attend qu’ils fournissent les mêmes efforts.» Mardi, une interpellation au Grand Conseil du socialiste Laurent Balsiger et consorts, ainsi qu’une prise de parole du député d’Ensemble à gauche, Pierre Conscience, ont également demandé au Conseil d’Etat d’intervenir contre cette décision d’expulsion.