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Contre l’obscurité, du cinéma engagé

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Image tirée du film Le sang et la boue proposant une plongée dans les mines de coltan sur fond de conflits armés.

CULTURE Le Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) propose projections et débats du 6 au 15 mars à Genève. Sa 24e édition s’annonce aussi passionnante qu’éprouvante.

Questionner le monde et défendre les droits humains: l’essence du Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) n’a peut-être jamais été aussi nécessaire, alors que sa 24e édition commence ce vendredi 6 mars. Dans un contexte de montée de l’autoritarisme accompagnée d’une normalisation des logiques et des discours néofascistes, le FIFDH propose des films et des débats pour éclairer notre monde. Le programme est ambitieux et s’égraine jusqu’au 15 mars essentiellement à l’Espace Pitoëff et au Grütli à Genève. Au total, une cinquantaine de documentaires et de fictions. Plus de 200 personnalités, dont des défenseurs des droits humains et une cinquantaine de cinéastes, participeront aux nombreux forums et tables rondes, ainsi qu’aux projections.

Autoritarisme et guerres

Entre autres rendez-vous, notons la rencontre «Comment contrer la refascisation de l’Europe?» précédée de la première mondiale du documentaire Le cas Meloni d’Anna Bonalume et Jérémy Frey (Espace Pitoëff, 7 mars, 15h); le film The Librarians de Kim A. Snyder, qui suit des bibliothécaires luttant contre la censure, projeté avant une discussion intitulée «Etats-Unis: la dérive autoritaire» (Espace Pitoëff, 7 mars, 19h30); ou encore cette question au cœur du débat sur le Soudan intitulé «Guerre civile ou guerre contre les civils?» précédé du film Soudan, souviens-toi, de Hind Meddeb (Espace Pitoëff, 15 mars, 13h).

Le festival accueille d’autres thèmes brûlants, tels que la guerre en Ukraine, le soulèvement iranien, l’Argentine cinquante ans après la dictature, les violences policières, l’IA qui menace de nos esprits, les exilés climatiques, mais aussi les luttes féministes avec l’exemple lumineux d’une journée en Islande... 

Incontournable, Gaza est également au cœur des débats. La rapporteuse spéciale à l’ONU, Francesca Albanese, participera au forum «L’échec du droit international à Gaza» à l’issue de la projection de Disunited Nations avec le réalisateur Christophe Cotteret, dont le documentaire rend compte de l’inaction de la communauté internationale face au génocide en cours (Espace Pitoëff, 13 mars, 20h30). De surcroît, Palestine 36, d’Annemarie Jacir, permet de rappeler le soulèvement en 1936 de la population face à la domination coloniale de la région alors sous mandat britannique (Grütli, 7 mars à 21h, 11 mars à 18h30). 

Questionner le capitalisme

Le documentaire Portuali de Perla Sardella montre, quant à lui, la mobilisation syndicale internationaliste des dockers de Gênes contre l’exportation d’armes. Il sera suivi de la table ronde «La solidarité n’est pas un slogan» avec les artistes et militantes Adèle Haenel et Sarah Schulman (Espace Pitoëff, 9 mars, 19h).

Le documentaire Le sang et la boue de Jean-Gabriel Leynaud propose, quant à lui, une plongée dans les mines de coltan (indispensable aux smartphones) sur fond de conflits armés. Le forum «RDC: guerre, minerais et impunité» (Espace Pitoëff, 8 mars, 13h30) l’accompagnera. Silver de Natalia Koniarz s’immerge lui aussi dans l’univers minier, mais au travers des yeux d’un enfant de 12 ans en Bolivie (Grütli, 6 mars à 21h, en présence de la réalisatrice, 8 mars à 18h). Enfin, le dernier jour du festival, la rencontre avec le sociologue Nicolas Framont, auteur notamment des livres Saint Luigi, Parasites et Vous ne détestez pas le lundi, aux Bains des Pâquis (15 mars, 10h) ouvrira un espace de réflexion collective face à la violence du capitalisme… 

 

Programme complet: fifdh.org 

 

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