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A Fribourg, Unia interpelle les candidats aux élections

François Clément et Anabela Santos.
© Thierry Porchet

François Clément, secrétaire régional d’Unia Fribourg et Anabela Santos, présidente, suggèrent aux membres d’Unia de voter pour des candidats défendant leurs intérêts.

Le syndicat invite les personnes qui briguent un siège au niveau communal ou cantonal à signer une charte pour la défense des travailleurs.

Qui représente au mieux les intérêts de la classe laborieuse? Le savoir n’est pas inutile au moment de glisser son bulletin dans l’urne. En 2026, comme tous les cinq ans, les Fribourgeois doivent à la fois renouveler leurs délibératifs communaux, ce printemps, et leur Parlement cantonal, cet automne. Pour aider les électeurs – en particulier les membres d’Unia – à faire leur choix, la section régionale du syndicat demande aux candidats des partis politiques de s’engager clairement à défendre les intérêts des travailleuses et des travailleurs.

Comment? En signant une charte qui liste une série de revendications syndicales telles que la semaine de quatre jours, une hausse d’impôts pour les entreprises, l’adoption d’une loi sur la sécurité sur les lieux de travail ou encore la garantie absolue du droit de grève et des libertés syndicales. Unia Fribourg considère en effet que les salariés n’ont pas assez profité de l’augmentation de la productivité, qui est «de presque 50% depuis 1990, selon l’Office fédéral de la statistique», et que travailler 32 heures par semaine, sans baisse de salaire, ne serait qu’un juste retour des choses. De plus, le syndicat estime que les entreprises doivent contribuer au financement des infrastructures publiques dont elles bénéficient largement – telles que les routes, les réseaux ou les services collectifs – alors que ce sont principalement leurs employés qui passent à la caisse, par le biais de l’impôt sur le revenu.

Unia Fribourg souhaite aussi que les signataires de la charte s’engagent à «consulter les syndicats sur les enjeux relatifs au monde du travail». Il propose par ailleurs de mettre à leur disposition des formations, des études scientifiques et des argumentaires «pour leur permettre d’exercer au mieux leurs responsabilités politiques».

Des élus pas assez représentatifs

Cette démarche part du constat que le monde du travail est trop peu représenté au niveau politique. «Alors que les avocats et les chefs d’entreprise sont surreprésentés, les ouvriers du bâtiment, les vendeuses et vendeurs, les livreuses et livreurs ou encore le personnel du nettoyage n’ont que très peu de représentants politiques.» Et de citer l’exemple de la commission du Grand Conseil qui a refusé la loi sur la sécurité sur les lieux de travail, dont sept des onze membres étaient des patrons d’entreprise de construction, des représentants patronaux et un avocat membre de six conseils d’administrations différents. 

Enfin, Unia Fribourg demande aux potentiels élus d’œuvrer pour que leurs communes signent la charte fédérale pour l’égalité salariale entre femmes et hommes, que seules dix d’entre elles ont paraphée pour l’instant. 

Le syndicat a déjà récolté des dizaines de signatures et continue son démarchage. Le 17 février, il a écrit à ses membres pour les inciter à aller voter, et pour leur faire part des candidatures qu’il soutient. Le premier tour des élections communales aura lieu le 8 mars.

Lire et soutenir la charte ici

Une vidéo de Thierry Porchet. 

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