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L’USS dit non à une initiative UDC qui promet le chaos

Drapeaux
©Olivier Vogelsang

Pour l'USS, un «oui» à l'initiative de l'UDC viendrait empirer un contexte politique et économique marqué depuis plusieurs mois par les relations tendues avec les Etats-Unis

La faîtière syndicale appelle à rejeter, le 14 juin, la proposition «Pas de Suisse à 10 millions». L’économie et l’emploi dans le pays seraient les grands perdants en cas d’acceptation.

Ce sera, à n’en pas douter, un des rendez-vous politiques majeurs de l'année, celui qui est donné au peuple suisse le 14 juin prochain. A cette occasion, il faudra se déterminer notamment sur l’initiative portée par l’UDC «Pas de Suisse à 10 millions! (pour la durabilité)» qui place dans les urnes un enjeu crucial pour le pays. Dans le texte présenté par le parti agrarien, il est question de plafonner la population au seuil indiqué, à travers l’application par les autorités fédérales de mesures spécifiques visant à atteindre ce but. Plus précisément, l’initiant préconise que le Conseil fédéral présente au Parlement une loi spécialement dédiée à la question si le seuil de 9,5 millions d’habitants est atteint d’ici 2050. Cette loi devra s’appliquer avec le dépassement des 10 millions d’habitants. Elle permettra alors de ne plus délivrer d’autorisations de séjour et d’établissement, ni de naturalisations aux personnes admises à titre provisoire. 

L’Union syndicale suisse (USS) s’est clairement positionnée le 11 février, à travers un communiqué appelant les citoyens à dire non à une «initiative du chaos». Pour la faîtière, les conséquences d’une adoption par le peuple seraient néfastes pour l’économie du pays. Il est question tout d’abord des répercussions sur le front des accords bilatéraux avec l’Union européenne. Un «oui» le 14 juin rendrait tout simplement caduc ce paquet et impacterait directement la santé économique du pays. «Plus de 50% des exportations suisses étant destinées à l’UE, la restriction de l’accès au marché nuirait à la prospérité de notre pays », rappelle l’USS. Et d’ajouter: «L’activité économique ralentirait, les investissements diminueraient, et les délocalisations ainsi que les licenciements se multiplieraient. Au bout du compte, l’emploi reculerait.»  Ce scénario viendrait empirer un contexte politique et économique marqué depuis plusieurs mois par les relations tendues avec les Etats-Unis, à la suite de l’introduction par l’administration Trump de taxes douanières ayant fragilisé l’exportation du swiss made. 

Triomphe du dumping salarial
Parmi les arguments soulevés par l’USS, il y a encore celui lié à la libre circulation des personnes. Ce droit, garanti par les accords bilatéraux, ne serait plus de mise et, une fois encore, ce sera aux employés d’en payer les conséquences. «La protection des salaires disparaîtrait. L’absence de contrôle ouvrirait la voie au dumping salarial. Les migrants seraient à nouveau exploités, comme à l’époque du statut de saisonniers, avec des conditions de travail précaires et des droits sociaux insuffisants.» Cette dynamique baissière exercerait une influence néfaste sur les salaires des travailleuses et travailleurs de Suisse.

La faîtière pointe encore deux retombées négatives de cette initiative. Le renchérissement du coût de la vie, tout d’abord, provoqué par le repli sur soi envisagé par l’UDC. A ce titre, le cas du Brexit – avec entre autres les barrières commerciales qu’il a générées en Grande Bretagne – illustre parfaitement le phénomène. Le domaine des soins, enfin, est évoqué comme exemple de secteur qui paierait chèrement l’adoption de l’initiative. «En Suisse, la moitié des médecins et plus d’un tiers du personnel infirmier diplômé ont été formé à l’étranger. Si la libre circulation des personnes était abolie, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée s’aggraverait dangereusement. La sécurité de la couverture sanitaire serait menacée.» L’USS, avec tous les syndicats, promet une campagne animée, ponctuée d’événements publics, pour dénoncer une opération qui risque fort de mener le pays vers le chaos.

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