Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Les travailleurs de Tornos en RHT

Locaux de Tornos à Moutier.
© Pierre Noverraz/Archives

Le tassement, en 2019, du chiffre d’affaires de Tornos et l’important recul des commandes expliquent le recours au chômage partiel. Un outil qui permet de préserver l’emploi et les compétences.

A Moutier, la majorité des quelque 300 salariés du fabricant de machines-outils sont au chômage technique à mi-temps

A Moutier, la majorité des quelque 300 salariés de Tornos sont au chômage partiel à un taux de 50% depuis le 1er mars. La mesure, qui concerne tous les départements, à l’exception de la vente, est prévue jusqu’au mois d’avril, mais pourrait être reconduite le cas échéant. L’annonce a été faite par la direction le 9 mars à l’occasion de la conférence annuelle du groupe. En 2019, le chiffre d’affaires du fabricant de machines-outils s’est tassé de 214,9 millions à 205,3 millions de francs; plus inquiétant: le carnet de commandes a reculé de 45%, de 245 à 135,5 millions. La réduction de l’horaire de travail n’est pas liée à la crise du coronavirus, ont assuré les patrons de Tornos. «Les résultats de l’industrie des machines ne sont pas bons et les chiffres de Tornos s’en ressentent. La RHT est un levier permettant de préserver l’emploi et les compétences, un outil qu’il faut utiliser, tout ce qui est en faveur de l’emploi est bon à prendre, surtout lorsque les cycles économiques se raccourcissent. Si le chômage partiel est accordé, c’est plutôt un signe positif, cela veut dire que les carnets ne sont pas vides et qu’il existe des perspectives», commente Patrick Cerf, responsable du secteur industrie d’Unia Transjurane.

Travailleurs âgés licenciés

Toutefois, pour le secrétaire syndical, tous les indicateurs sociaux ne sont pas au vert chez Tornos: «Il ne fait pas bon devenir un travailleur âgé dans cette entreprise. Sur ma table, les dossiers de salariés qui se sont fait mettre dehors après 20, 30 ou 40 ans de boîte se multiplient. C’est proprement scandaleux, indigne, un manque de respect inouï à l’égard de personnes qui ont œuvré si longtemps en faveur de cette grande marque. Même si on parle de préretraites et de quelques avantages, dans les faits, ces salariés sont jetés aux oubliettes, ils peinent à décrocher un nouvel emploi et se retrouvent au chômage avec un revenu réduit», tonne Patrick Cerf, qui se dit touché à titre personnel: «Certains ont pleuré devant moi. De l’avis général, dans les ateliers et les bistrots, on ne trouve pas ça normal, cela ne fait pas de pub à ce qu’on appelle en Prévôté la Grande Maison. Mais il faut que ça se sache. Je travaille sur ces dossiers et j’attends des réponses.»

Dans ces circonstances, le syndicaliste juge «assez déments» les montants des rémunérations de la direction publiés dans le rapport annuel: «Cela devient même intolérable.» Michael Hauser, CEO du groupe, a ainsi touché 1,03 million en 2018, sans parler des menus bienfaits accordés par le conseil d’administration.

Pour aller plus loin

La Broye asséchée par le futur abattoir de Migros?

Pancarte Micarna

Greenpeace estime que le projet du géant orange consommera environ 1,4 million de litres d’eau par jour, dans une région où l’or bleu se fait déjà rare en été.

L’avenir de Nestlé Waters se précise, sans dissiper les craintes

Manifestation devant le siège de Nestlé en 2025

La multinationale veveysanne a finalement trouvé un partenaire pour investir dans sa filiale. La consultation du personnel vient de commencer.

Unia demande la mise en faillite de Ronin Primeurs

bâtiment Ronin

La société, criblée de dettes, n’est plus en mesure de payer les salaires, estime le syndicat. La faillite est devenue nécessaire pour protéger les travailleurs.

«Si les travailleurs ne demandent rien, ils n’ont rien»

bâtiment Ronin

L’entreprise genevoise Ronin Primeurs a licencié de nombreux collaborateurs et paie ceux qui restent par à-coups. Unia Genève dénonce une mauvaise gestion.