Initiative contre le burn-out et le stress au travail
La charge mentale due à une intensité de travail toujours plus élevée est passée de 27% en 2015 à 40% en 2021.
Le burn-out et le stress au travail connaissent une augmentation fulgurante. Selon l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, un salarié sur trois en Europe souffre de troubles anxieux causés ou aggravés par le travail. Un constat choquant! Et l'utilisation des technologies numériques sur le lieu de travail menace d'accroître encore davantage le stress psychosocial. La charge mentale due à une intensité de travail toujours plus élevée est passée de 27% en 2015 à 40% en 2021.
Contre le stress qui ne cesse d’augmenter
Pour la syndicaliste belge et députée européenne Estelle Ceulemans, la situation est claire: il faut une législation européenne pour prévenir, détecter et gérer les risques psychosociaux sur le lieu de travail. Les belles paroles ne suffisent pas. C’est pourquoi Mme Ceulemans a présenté son rapport d’initiative sur le thème «Risques psychosociaux, stress et santé mentale au travail», qui a été adopté par la commission compétente et par le Parlement européen. La Commission européenne doit désormais présenter un projet de loi visant à renforcer la protection de la santé psychosociale.
Le droit de se déconnecter
Selon la proposition d’Estelle Ceulemans, les maladies liées à des troubles psychiques – comme le burn-out – devraient désormais être reconnues comme des maladies professionnelles. Elle réclame en outre une politique de tolérance zéro face au harcèlement au travail. Le renforcement de l’inspection du travail et du rôle des partenaires sociaux dans le domaine de la santé mentale constitue une autre revendication centrale. Les salariés devraient également bénéficier d’un «droit à la déconnexion» des téléphones portables en dehors des heures de travail. Par ailleurs, la directive devrait protéger les salariés contre la surveillance algorithmique. L’accompagnement des salariés lors de leur retour au travail après un burn-out constitue une autre revendication centrale. Enfin, la charge de la preuve légale doit être transférée aux employeurs, afin que ceux-ci soient tenus de démontrer qu’une maladie n’est pas d’origine professionnelle lorsque les salariés peuvent prouver qu’ils ont subi des préjudices dus à des facteurs psychosociaux.
Quality Jobs Act
Reste à voir si ces améliorations verront réellement le jour. Jusqu’à présent, ni les partis d’extrême droite ni le lobby patronal n’ont réussi à s’imposer. Les premiers refusent toute avancée en matière de protection au travail. Les seconds exigent le rejet pur et simple du rapport d’initiative. On verra toutefois bientôt à quel point les partis chrétiens-démocrates accordent de l’importance à la dignité et à la santé des salariés. Ils peuvent constituer une majorité au Parlement européen et à la Commission, soit aux côtés de la gauche et des Verts, soit aux côtés de l’extrême droite. La Commission européenne prévoit de présenter en décembre une nouvelle «feuille de route pour des emplois de qualité». On peut se demander dans quelle mesure la protection du travail et de la santé y sera prise en compte.