Les assises de la construction et de l’artisanat du bâtiment organisées par Unia Valais ont motivé les ouvriers du second œuvre à demander une amélioration de leurs conditions.
Près de 200 travailleurs réunis lors de deux rencontres, à Evionnaz et à Saint-Léonard, ont échangé sur leurs conditions de travail. Ouvriers du gros œuvre comme du second œuvre étaient présents à ces assises valaisannes de la construction et de l’artisanat du bâtiment. Et ce n’est pas un hasard. Car si les maçons jouissent désormais des améliorations obtenues dans la nouvelle Convention collective nationale de travail négociée l’année dernière au niveau suisse, les salariés du second œuvre, eux, ne sont qu'au tout début d’un processus similaire. La Convention collective de travail du second œuvre romand (CCT-SOR), qui couvre principalement les secteurs du bois et de la peinture, arrivera à échéance le 31 décembre 2027. L’année prochaine sera donc largement dédiée aux négociations avec les milieux patronaux.
Or, faire des demandes des travailleurs une réalité inscrite dans la CCT-SOR n’est pas chose facile. Cela demande de la détermination de la part des syndicats, comme des salariés. «C’était important pour nous d’inviter les maçons, qui ont déjà lutté et qui ont pu témoigner de l’amélioration de leurs conditions de travail grâce aux mobilisations de 2025, détaille Serge Aymon, responsable des secteurs de la construction et de l’artisanat à Unia Valais. Ce mélange avait pour objectif de motiver les salariés du second œuvre et de leur montrer par l’exemple que c’est en se mobilisant qu’ils peuvent obtenir des meilleures conditions de travail.»
Justement, quelles sont les revendications des ouvriers? «Tout d’abord, ils veulent garder le système actuel d’augmentation des salaires, qui comprend le renchérissement automatique ainsi qu’une revalorisation annuelle des salaires. Ensuite, les travailleurs demandent que les déplacements soient payés de manière équitable.» En effet, actuellement, les trente premières minutes de déplacement ne sont pas payées au travailleur. Autrement dit, un menuisier qui commence à 7h ne sera rémunéré qu’à partir de 7h30 s’il doit se rendre sur un chantier, quand son collègue qui reste à l’atelier sera, lui, payé depuis 7h.
Le travail doit être payé
Une incohérence et même une injustice, qui peut être réparée simplement. «Il faut que les employeurs paient tout le temps que les ouvriers mettent à leur disposition, résume Serge Aymon, qui ajoute une troisième revendication. Les salariés du second œuvre demandent aussi une augmentation des vacances.» Des prétentions qu’il faudra aller défendre devant les représentants des milieux patronaux.
Et la présence des travailleurs du gros œuvre, qui sortent d’une année de mobilisation, a permis aux discussions qui se sont tenues à Evionnaz et à Saint-Léonard de se baser sur du concret. «Le défi, ça reste d’impliquer les ouvriers du second œuvre, explique le responsable des secteurs de la construction et de l’artisanat. Contrairement aux salariés du gros œuvre, ils travaillent dans des entreprises plus petites, ce qui rend la mobilisation plus compliquée. Mais l’échange interbranche a été très positif. Ce sont des ouvriers qui évoluent dans les mêmes milieux professionnels, pour certains qui ont les mêmes origines ou qui se connaissent déjà, donc ça facilite la discussion». C’est surtout lors des repas prévus après les assemblées que les travailleurs ont pu parler des manières de lutter pour obtenir des avancées. L’appétit vient en mangeant, paraît-il. La soif de justice sociale des ouvriers, elle, ne sera étanchée que lorsque de meilleures conditions de travail auront été obtenues.