Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Le salaire minimum au cœur de la manifestation lausannoise

manif
© David Prêtre

A Lausanne, une pièce géante de 23 francs, symbole du salaire minimum, a été poussée tout au long du cortège.

VAUD La prochaine votation cantonale a été au centre des revendications dans la capitale vaudoise et ailleurs.

En ce 1er Mai, sur sol vaudois, tous les regards semblaient déjà tournés vers les futures votations cantonales et fédérales, déterminantes pour les droits des travailleuses et des travailleurs. A la Vallée de Joux, Yverdon-les-Bains et Lausanne, les mobilisations ont rappelé l’importance de voter «oui» à un salaire minimum cantonal le 14 juin prochain et «non» à l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!».

Dans la capitale vaudoise, sur la place de la Riponne, le cortège se forme en fin d’après-midi dans une ambiance aussi combattive que festive. Une pièce de monnaie géante de 23 francs montée sur roulettes, symbole du salaire minimum, est poussée tout au long du parcours par des militants du second œuvre. Les syndicats et les partis de gauche, des militants de diverses communautés, dont kurdes, déambulent en musique au son de la Fanfare militante. La mobilisation est particulièrement intergénérationnelle, avec plus de 2000 personnes. La marche se termine dans le parc de Montbenon où, exceptionnellement les concerts de Radio Tutti et de Sami Galbi sont attendus. Juste avant, plusieurs oratrices et orateurs ont pris le micro.

Combattre l’austérité

En écho aux propos de Cora Antonioli, présidente du SSP Vaud, Bounouar Benmenni, président d’Unia Vaud, rappelle que les combats contre l’austérité dépassent la fonction publique. «Les premières victimes des politiques d'économies budgétaires aveugles sont aujourd'hui des nettoyeuses et des blanchisseuses d'entreprises privées mandatées par l’Etat, les hôpitaux les EMS publics et parapublics», indique-t-il. Il pourfend également la volonté du Parlement de faire travailler le personnel de la vente 12 dimanches par an.

Joëlle Minacci, au nom du comité unitaire pour le salaire minimum cantonal, explique les enjeux de la votation cruciale du 14 juin (lire aussi: evenement.ch/articles/un-outil-pour-combattre-la-pauvrete). «Nous aurons le choix entre une initiative qui améliorera la vie de milliers de personnes et le contre-projet du Conseil d'État qui propose un salaire minimum vide et trompeur.» Elle ajoute: «Ce sont nos impôts, le canton, les communes qui mettons la main au porte-monnaie pour réguler la sous-enchère patronale. Le montant des salaires ne peut plus être réduit à l'espace confiné des conventions collectives de travail. Il doit devenir un débat démocratique.»

Non à l’initiative du chaos

Le président de l’Union syndicale suisse, Pierre-Yves Maillard, rappelle avec ferveur que face à un monde en crise, «la force de l’espoir naît de la solidarité» (à écouter ci-dessous). Il salue la grève des maçons et de la fonction publique qui ont marqué l’année 2025.  Et martelle: «L’austérité pour financer les cadeaux aux riches, ça suffit!» Il met en garde contre l’initiative de l’UDC qui générera dumping salarial et vieillissement du pays, relativisant le manque de place brandie par le parti d’extrême-droite. «Savez-vous que si on étendait la ville de Berne sur la moitié seulement du territoire du canton de Berne, on pourrait loger nos 9 millions d'habitants?» Et d’ajouter: «Ne provoquons pas nous-mêmes la récession, la crise et le retour des statuts inhumains! Face au Capital qui en veut toujours plus, nous sommes cette grande et puissante classe sociale qui s'entraide, qui vit ensemble et qui est riche de sa diversité.»

Wiesel en guest-star

Après des applaudissements nourris, Thomas Wiesel prend le micro (à écouter également ci-dessous) en donnant le ton: «C'est pas facile de passer après «Pym» dans un événement syndical. J’ai un peu l'impression de passer après Beyoncé à Coachella… Je t’expliquerai Pierre-Yves, mais c'est un compliment.» Et d’ajouter qu’à Montbenon aujourd’hui ce n’était pas tout à fait encore la fête de l’Huma (avec ses 500 000 spectateurs) comme le rêvent les organisateurs. Lors de sa prise de parole, tout en ironie mordante et en perspicacité, il soulève notamment la question du 1er Mai toujours pas férié en Suisse, au contraire de fêtes chrétiennes. Et pourtant: «Si aujourd'hui on a la journée de 8 heures, des congés payés, et l'assurance chômage, c'est vachement moins grâce à Jésus de Nazareth qu'à Jesus de Lisbonne qui est venu en Suisse, qui s'est engagé dans un syndicat et qui s'est battu pour avoir des meilleures conditions de travail!» 

Le discours de Pierre-Yves Maillard, président de l'Union syndicale suisse, suivi de la carte blanche de Thomas Wiesel, humoriste.

Pour aller plus loin

Vendeuses et maçons genevois en colère sur fond de Non au G7

1er mai à Genève

Près de 3000 personnes ont défilé à Genève, avec en ligne de mire, les nombreux enjeux politiques du 14 juin prochain. Récit.

La Chaux-de-Fonds défile en terre ouvrière

Danseurs et danseuses portugais.

Une fois n'est pas coutume, le cortège a délaissé le centre-ville et le Pod, au profit du quartier populaire des Forges.

Au Val de Travers, c’est la lutte champêtre

Préparation d'une soupe

Une poignée de discours, de la soupe à l’avoine et au porc et des notes engagées ont fait du rendez-vous de Fleurier un moment de partage convivial.