«La solution passe par une convention de travail»
Les assistantes en pharmacie vaudoises se sont mobilisées à plusieurs reprises en faveur d’une Convention collective de travail comme lors de cette action organisée à Lausanne.
Une assistante en pharmacie sur deux envisage de quitter le métier, révèle une enquête menée par Unia auprès de professionnelles vaudoises de la branche.
Le diagnostic est sans appel: les assistantes en pharmacie – un métier exercé en majorité par des femmes – souffrent de mauvaises conditions de travail et la moitié d’entre elles envisagent de quitter la branche. Voilà ce que révèle une enquête menée cet été par Unia auprès de 622 employées vaudoises, intégrant aussi des pharmaciennes et des personnes en apprentissage. «Nous avons été étonnés par l’ampleur des réponses reçues, témoignant d’un vif intérêt à améliorer la situation dans le secteur, comme de l’engagement du personnel pour la profession», note Gwenolé Scuiller, secrétaire syndical en charge du dossier.
Augmentation insuffisante
Au cœur des problèmes mentionnés: les salaires, jugés trop bas, et les horaires de travail, qualifiés de pénibles. Une situation qui a d’autant plus de mal à passer que la formation se révèle exigeante et implique de nombreuses responsabilités. La hausse moyenne des rémunérations de 100 francs ces dernières années n’a pas suffi à satisfaire les employées, une augmentation jugée toute relative, en raison des majorations des prix, des loyers ou encore des primes maladie. «Malheureusement, le salaire n’est pas valorisé et les horaires peu compatibles avec une vie de famille», a souligné Nour, une des participantes au sondage. Alors qu’une autre a déclaré avoir jeté l’éponge, se disant, après quinze ans de service, écœurée. «Je gagnais à peine 200 francs de plus qu’une nouvelle diplômée.» L’enquête du syndicat révèle toutefois que tout n’est pas perdu: «Près de deux tiers des employées ayant quitté le métier pourraient revenir si les conditions s’amélioraient.»
Métier en mal de reconnaîssance
Les assistantes en pharmacie s’étaient déjà exprimées en 2022 et avaient alors arrêté leurs revendications prioritaires. Ces dernières restent d’actualité, selon le sondage. Outre l’exigence d’un salaire minimum revu, depuis, à la hausse – de 4300 francs à 4500 francs à la sortie de l’apprentissage –, elles demandaient que leur métier soit appréhendé de manière spécifique, qu’il se distingue de celui de la vente. Dans ce sens, elles plaident encore et toujours pour la conclusion d’une convention collective de travail (CCT). «Ce serait la solution pour faire évoluer la situation et répondre aux difficultés persistantes des employées mais aussi des employeurs», appuie Gwenolé Scuiller, estimant qu’une CCT et un partenariat social créeraient un cercle vertueux et donneraient un signal positif aux employées en quête de reconnaissance.
Table ronde en vue
Parmi les autres requêtes prioritaires définies il y a trois ans, l’établissement d’une grille salariale permettant la prise en compte de la formation, des responsabilités et de l’ancienneté; une indexation des salaires au coût de la vie; cinq semaines de vacances pour l’ensemble du personnel et six semaines pour les salariés âgés de 50 ans et plus. «Avec des conditions améliorées et la mise en place d’une grille salariale évolutive, l’environnement de travail s’en trouverait apaisé et la compétition serait d’autant plus loyale entre les pharmacies vaudoises.» Dans tous les cas, Unia et le Comité vaudois des assistantes en pharmacie continueront d’interpeller la Société vaudoise de pharmacie jusqu’à l’obtention d’une CCT.
Le 23 mars, à 19 h une table ronde sera organisée au Cazard (Pré-du-Marché 15, à Lausanne) et permettra aux intéressées d’évoquer la question avec des représentants du syndicat, d’associations d’employeurs et de personnalités politiques.