Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Uber hors de contrôle

photo d'un taxi avec affichette contre Uber
© Thierry Porchet

Reconnaître Uber comme centrale d’appels est «d’une naïveté et d’une inconséquence déconcertante», relève Yves Defferrard, secrétaire régional d’Unia Vaud.

Unia juge irresponsable la reconnaissance d’Uber comme centrale d’appels dans la région lausannoise

C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Après un assouplissement du règlement intercommunal auquel sont soumis les chauffeurs et alors qu’Uber est impliqué dans plusieurs litiges, l’Association de communes de la région lausannoise pour la réglementation du service des taxis a pris le parti de reconnaître la société comme centrale d’appels. Une décision qualifiée de «totalement irresponsable» par Unia qui dénonce la légalisation d’une entreprise non conforme et une concurrence déloyale dans une branche déjà très précaire. «La reconnaissance d’une centrale d’appels dont le siège se trouve à Amsterdam ouvre aujourd’hui la porte du marché lausannois à tous les acteurs internationaux, sans aucun moyen de contrôle. Pire, elle accorde un blanc-seing à une société qui ne respecte pas, et ce de manière récurrente, la cadre légal en vigueur dans notre pays», s’énerve Yves Defferrard, secrétaire régional d’Unia Vaud. Et le syndicat de rappeler les violations en matière de paiement des charges sociales aux chauffeurs Uber, quand bien même la Suva a estimé que le transporteur étasunien était un employeur comme un autre. Ou encore les manquements des entreprises partenaires de la multinationale, le Seco ayant clairement précisé qu’elles devaient se soumettre à la loi sur la location de service. «La Cour européenne de justice a elle aussi confirmé qu’Uber n’est pas une simple centrale d’appels mais bien un service de transport. La décision lausannoise se révèle d’une naïveté et d’une inconséquence déconcertante. Dans un marché où la pression sur les salaires est d’une violence inégalée, les employés sont en droit d’attendre que les collectivités publiques veillent à l’application des législations en vigueur. La localisation de l’entreprise à l’étranger permet à Uber d’échapper à tout contrôle des tribunaux de notre pays», poursuit Yves Defferrard.

Dans ce contexte, Unia exige de toute urgence une loi cantonale, actuellement en discussion. «Sans, ce sera la jungle. On va assister à un effondrement massif du marché.» Pour défendre les intérêts des salariés concernés, le syndicat a par ailleurs demandé de rencontrer le comité de direction du Service intercommunal des taxis. Les chauffeurs «traditionnels» envisageaient  aussi de leur côté de se mobiliser...

 

Pour aller plus loin

Cipag: salariés fâchés

Une douzaine de salariés de Cipag se tiennent debout devant leur société.

Les salariés de Cipag à Puidoux se fâchent. Le groupe Elcotherm SA, propriétaire de la société, les a menacés en début d’année d’un licenciement collectif si des solutions n...

Le secteur des soins se porte mal

Des travailleurs Unia en conférence de presse

Soumis à des conditions de travail pénibles, sous pression, près de la moitié du personnel soignant envisage d’abandonner la profession, comme le révèle une enquête d’Unia

A Genève, les travailleurs d’Onet ont poursuivi leur grève

Salariés d’Onet et syndicalistes, au premier jour du mouvement.

Lundi, une rencontre était prévue avec des représentants de la ville et de l’entreprise

Bâtons dans les roues d’Uber et consorts

Application Uber Eats ouverte sur un smartphone pointé sur un livreur à vélo.

La fin de la récréation a sonné pour Uber et d’autres plateformes numériques. Genève exige de ces multinationales qu’elles se plient aux règles du canton, notamment en matière de conditions de travail et de protection sociale. Unia salue cette position et espère qu’elle fera tache d’huile.