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«Rien n’a été fait pour enrayer cette fuite en avant meurtrière»

Affiche pour une manif
© Olivier Vogelsang

Stop Complicity a demandé à la Cour pénale internationale d’ouvrir une enquête sur le conseiller fédéral Ignazio Cassis, concernant sa «complicité dans les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et de génocide commis par le Gouvernement israélien et les forces armées israéliennes dans la bande de Gaza et la Cisjordanie occupée».

Début février, des avocats ont dénoncé le conseiller fédéral Ignazio Cassis auprès de la Cour pénale internationale pour complicité dans le génocide à Gaza.

A Gaza, deux millions de personnes s’entassent sur un territoire plus petit que le canton de Genève, vivent sous tentes, souffrent de la faim, de la soif, du froid. Malgré le cessez-le-feu, les bombardements se poursuivent. Depuis les attaques du Hamas le 7 octobre 2023, l’armée israélienne a fait plus de 70000 morts, dont 20000 enfants, et plus de 170000 blessés. Ces chiffres sont mis en exergue par la nouvelle association Stop Complicity. 

Lors d’une conférence de presse organisée début février, elle a expliqué la demande d’enquête adressée à la Cour pénale internationale (CPI) sur le conseiller fédéral Ignazio Cassis, concernant sa «complicité dans les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et de génocide commis par le Gouvernement israélien et les forces armées israéliennes dans la bande de Gaza et la Cisjordanie occupée». Une action inédite en Suisse, qui a déjà été menée l’an passé en France contre plusieurs membres du gouvernement, tout comme en Italie. L’association réunit plus d’une vingtaine d’avocats, ainsi que Jacob Berger, réalisateur du film Un juif pour l’exemple et Jean-Daniel Vigny, ancien responsable du DFAE. De même que des diplomates, médecins, professeurs… Leur démarche est soutenue par plus de 23000 personnes qui ont déjà signé la pétition en ligne*. 

Coopération militaire

«La Suisse n’est pas un observateur impartial. Elle participe à une étroite coopération militaire et industrielle avec Israël dans le domaine de l’armement», a expliqué Me Marcel Bosonnet. L’avocat spécialiste en droit pénal suisse et international a mentionné les nombreuses visites en Israël, sans aucune transparence, des représentants du Département fédéral de la défense, et mis en lumière la prise de postes de direction dans des entreprises d’armement israéliennes par d’anciens hauts fonctionnaires. «Technologie suisse, armes israéliennes, victimes palestiniennes», a résumé l’avocat, citant encore la conclusion de la rapporteuse spéciale des Nations Unies, Francesca Albanese: «Dix-neuf Etats sont impliqués dans le génocide à Gaza, dont la Suisse.»

Pour mémoire, en 2025, plusieurs lettres ouvertes et appels intimaient au Conseil fédéral de faire respecter le droit international humanitaire. Ils provenaient d’ONG, d’une trentaine de professeurs de droit, de 250 fonctionnaires du DFAE, d’une soixantaine d’anciens diplomates. Des actions ignorées par Ignazio Cassis, soit dit en passant ancien vice-président du groupe d’amitié Suisse-Israël. Par ailleurs, le Ministère public de la Confédération n’a pas encore ouvert d’enquête, neuf mois après la dénonciation pénale déposée à l’encontre des conseillers fédéraux Ignazio Cassis, Karine Keller-Sutter et Guy Parmelin.

Pourtant, «la Suisse est dépositaire des Conventions de Genève», a rappelé Me Irène Wettstein. «Nos dirigeants ont failli à ce devoir fondamental. Rien n’a été fait pour enrayer cette fuite en avant meurtrière. Se taire alors que l’on doit dénoncer, ne rien faire alors que l’on doit agir, c’est contribuer au pire. C’est être complice.» 

A noter encore que le Collectif pour la liberté académique, la démocratie et la solidarité (CLADS) s’est déclaré solidaire de la démarche. Parallèlement, ces quelque 250 universitaires demandent la rupture de l’accord «Lead Agency» entre le Fonds national suisse (FNS) et l’Israel Science Foundation (ISF). 

* Plus d’information et pour signer la pétition: stopcomplicity.ch

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