Le jour du dépassement a été atteint le 11 mai en Suisse. Cela signifie que le pays a épuisé toutes les ressources renouvelables de son territoire pour 2026. Depuis, il vit à crédit ou, dit autrement, aux dépens d’autres pays (notamment africains) et des générations futures. Si tous les humains consommaient et polluaient comme nous, il nous faudrait 2,8 planètes pour couvrir nos besoins. Ces dernières années, le jour du dépassement international tombe fin juillet… La Suisse, et avec elles d’autres pays occidentaux, doit donc s’engager dans un véritable tournant écologique. Or, l’actualité récente montre qu’elle n’en prend pas le chemin, à commencer par le sursaut du nucléaire. De nombreux experts le clament pourtant: le solaire et la diminution de la consommation sont les seules voies. Penser que le nucléaire est une énergie propre relève de l’hérésie. Extraire l’uranium et le transporter, tout comme construire une centrale et stocker les déchets dont on ne sait que faire, est extrêmement polluant en plus d’être dangereux.
L’IA ne nous sauvera pas. Un rapport récent démontre que les centres de données de plus en plus grands et nombreux en Suisse menacent notamment les ressources en eau. D’un côté la surconsommation, de l’autre la surproduction. Le secteur de la viande est un autre exemple sanglant. Chaque semaine, environ 47500 cochons sont tués en Suisse, 6785 par jour... Or, selon la filière Suisseporcs, 3000 animaux (répétons-le, par semaine!) ne trouvent pas mangeurs. Le marché est saturé. Du côté des poulets, une alliance composée de Greenpeace Suisse, EcoTransition-La Broye, des habitants de Saint-Aubin et des environs s’élève contre la construction du méga-abattoir de Micarna (propriété de Migros) qui vise à abattre plus de 30 millions de poulets par an (577000 par semaine, 82500 par jour). Elle a déposé un recours auprès du Tribunal cantonal de Fribourg contre la levée des oppositions pour le permis de construire, car ce projet mortifère ne respecte pas la législation en vigueur, concernant notamment la protection des eaux, du climat et de la nature.
La pollution du Léman au triazole, servant à la production de pesticides par Syngenta, ou encore la volonté d’Holcim de raser une forêt pour exploiter le gravier de son sous-sol (lire aussi en page 2), sont d’autres exemples de cette course infernale aux profits qui tue le Vivant et notre humanité. La catastrophe climatiqueest déjà là, dans et hors de nos frontières: feux de forêt, inondations, montagnes qui s’écroulent, décès liés à la chaleur, à la pollution de l’air et aux zoonoses (ebola, hantavirus, coronavirus), perte de la biodiversité, pression sur les travailleuses et les travailleurs du Sud, dans les mines de matières premières ou derrière les écrans d’ordinateurs pour abreuver l’intelligence artificielle… Le néocolonialisme fait écho à l’exploitation des ressources de la planète, notre seul vaisseau à toutes et à tous dans le grand cosmos...