Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

L’Etat de Vaud poursuit lentement Uber

Le Département cantonal de l’économie procède à une nouvelle analyse juridique

Dans le canton de Vaud, la mise en conformité des activités d’Uber risque de prendre encore du temps. C’est ce que l’on comprend à la lecture des réponses du Conseil d’Etat à des interpellations de deux députés socialistes, Jean Tschopp et Arnaud Bouverat, par ailleurs secrétaire régional d’Unia Vaud. Comme nous l’annoncions dans notre édition du 19 octobre, à la suite de l’arrêt du Tribunal fédéral considérant Uber comme un employeur, le Département vaudois de l’économie avait sommé la société de solliciter une autorisation d’entreprise de transport de personnes à titre professionnel. Or, la société technologique a évidemment contesté cette procédure, mais a, en outre, présenté un nouveau modèle d’affaires, dit dual, en laissant le choix aux conducteurs d’être soit indépendants, soit salariés d’une société sous-traitante. En conséquence de quoi, le Conseil d’Etat estime qu’il faut désormais procéder à une nouvelle analyse juridique «dans le détail». Si le gouvernement reconnaît bien que la multinationale californienne «entend systématiquement éviter l’écueil du salariat en adaptant son modèle» et que «ce processus ne connaîtra de limites que si Uber ne trouve plus de moyens d’adapter son modèle», il estime toutefois ne pas être en mesure de «se référer à la configuration passée pour refuser l’évolution d’un modèle, attitude qui ne serait pas conforme à l’Etat de droit».

«Le Canton se fait balader»

«A ce rythme, le Canton peut se faire balader encore longtemps. Uber a modifié et va modifier constamment son modèle d’affaires pour échapper à ses obligations», commente Arnaud Bouverat. Le syndicaliste note que, si l’Etat de Vaud tergiverse avec une multinationale, «il le fait bien moins avec un petit artisan». «Le Canton ne devrait pas laisser exercer une entreprise qui ne respecte pas les lois de manière répétée.»

Du côté de l’activité de livraison de repas de l’entreprise, le Département de l’économie annonce avoir rejeté un recours contre une décision de l’Inspection du travail de Lausanne considérant Uber Eats comme employeur au regard de la Loi sur le travail. Rien ne s’opposerait à ce que les livreurs soient, comme à Genève, salariés si la société ne proposait, là aussi, son système dual que le Canton veut analyser minutieusement.

Notons encore que la Commission tripartite vaudoise sur les mesures d’accompagnement a récemment pris contact avec la Commission paritaire de la Convention collective nationale de travail (CCNT) de l’hôtellerie-restauration pour évaluer l’assujettissement des livreurs à celle-ci. «La Commission paritaire s’étant déclarée compétente, il lui appartiendrait désormais de procéder à des contrôles et de rendre des décisions d’assujettissements», écrit le Conseil d’Etat. Interrogé, le responsable d’Unia de l’hôtellerie-restauration, Mauro Moretto, assure que «les partenaires de la CCNT ont clairement assujetti Uber Eats et ils vont tout faire pour mettre cela en œuvre».

Unia Vaud est en train d’organiser les livreurs, deux réunions ont déjà été mises sur pied, alors qu’un sondage auprès des travailleurs a été lancé en Suisse romande.

Pour aller plus loin

Pour des conditions de travail décentes chez les sous-traitants de Zalando

La délégation d’Unia a remis à la direction une pétition réclamant un salaire minimum d’au moins 22 francs de l’heure, contre environ 19 francs pratiqués actuellement.

Unia a adressé une pétition de plus de 2000 signatures à la direction du géant de l’e-commerce pour dénoncer le dumping social et salarial en Suisse

Les employés des shops tessinois discriminés

Le 5 juin dernier, une délégation d’Unia a interpellé les parlementaires à l’entrée du Palais fédéral.

Les shops des stations-service du Tessin n’ont pas à appliquer le salaire minimum de la CCT. Une exception décidée par le Conseil fédéral. Unia dénonce

Les patrons genevois du nettoyage refusent la transparence

Manifestants et secrétaire syndicale

Les syndicats Unia, Sit et Syna dénoncent l’attitude de la partie patronale de la commission paritaire du nettoyage qui bloque un processus visant à assainir les marchés publics

«Il nous rabaissait constamment»

Bâtiment de la société Dentsply

Quatre des cinq employés d’un restaurant collectif du Nord vaudois, géré par le groupe Eldora, ont été mis à la porte. Face à un mur, Unia a décidé de s’en remettre à la justice