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«Le sans-abrisme n’est pas une fatalité»

Engager sans délai une refonte ambitieuse et durable des politiques de lutte contre la précarité extrême et le sans-abrisme. Telle est l’exigence du nouveau collectif baptisé «Réagis» (Réseau d’action contre la grande précarité et les inégalités sociales) qui réunit 22 organisations et personnalités de la société civile actives dans le réseau socio-sanitaire genevois – dont Caritas, le CSP, L’Armée du Salut, Carrefour-Rue & Coulou, La Maraude.

Après Lausanne où de nombreux collectifs alertent régulièrement sur les besoins des plus précaires, au tour du réseau genevois de dénoncer «la saturation désormais quotidienne des dispositifs d’hébergement et d’accueil» pourtant «sous-estimées et insuffisamment prises en compte dans le débat public».  «Face à l’augmentation des situations de détresse, il n’est plus acceptable, ni raisonnable, de se contenter de politiques fragmentées et essentiellement centrées sur l’urgence», ajoute Réagis.

Réponse collective

Celui-ci veut faire évoluer les politiques publiques et ouvrir la réflexion pour «dépasser les représentations simplificatrices» sur la grande précarité et le sans-abrisme qui n’est «ni une fatalité ni une simple question individuelle», mais «le symptôme de déséquilibres sociaux, économiques et institutionnels qui appellent des réponses collectives, durables et fortes». Réagis précise encore: «Ces réalités sont souvent le résultat de facteurs multiples et cumulatifs: difficultés d’accès au logement ou aux soins, ruptures familiales ou professionnelles, isolement social, non-recours aux droits ou encore conséquences physiques et psychiques de la vie à la rue. Elles s’inscrivent dans des parcours de fragilisation qui peuvent toucher des publics très différents et qui sont rarement linéaires.» 

Le collectif demande la prise en compte des faits, des études, des expertises de terrain et de la parole des personnes directement concernées. Sur le site, il est d’ailleurs possible d’entendre quelques témoignages mêlant galère et débrouille. Comme ce jeune homme qui se rend dans une salle de sport pour avoir accès à une douche, à un casier, et à la sensation d’avoir une vie normale… Il souligne que les gens en galère se reconnaissent, car ils marchent «dans le vide», dans «le néant». «Il y a un truc dans le regard, dans l’attitude qui sort de la normalité, parce que dans ce monde quand tu es dans la normalité, tout le monde a une destination, un but dans sa journée, du matin au soir.» 

 

Pour davantage d’informations: reagis.ch