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La LAMal a 30 ans: il faut célébrer les acquis et corriger les défauts

Médicaments
©Thierry Porchet

La loi, née en 1996, a permis d’encadrer et de placer des garde-fous auprès des assureurs, mais beaucoup reste à faire pour améliorer le dispositif.

Née en 1996, la Loi sur l'assurance maladie (LAMal) célèbre ses 30 ans. Avec des primes qui écrasent les budgets, beaucoup n’ont sans doute pas le cœur à la fête. Il ne faut pourtant pas jeter le bébé avec l’eau du bain. La loi a apporté beaucoup de choses positives, en particulier un accès universel et non discriminatoire à des soins de qualité. Avant la LAMal, les caisses privées faisaient la pluie et le beau temps. Elles pouvaient refuser d’assurer, exclure des assurés ou varier les primes selon les personnes. Et aujourd’hui? Les primes sont presque trois fois plus élevées qu’à l’introduction de la LAMal. Autant dire qu’on préfère ne pas imaginer à quoi ressemblerait aujourd’hui un système sans règles, ni garde-fous comme celui qui régnait à l’époque.

Cela dit, la LAMal reste un compromis politique. Du point de vue syndical, celui-ci était donc insuffisant dès le départ. Ruth Dreifuss, ancienne conseillère fédérale et ancienne secrétaire centrale de l’USS, résume la situation ainsi: «Le 30e anniversaire de la LAMal marque à la fois un succès et un nouveau départ.»

Un modèle dépassé
Ce nouveau départ doit permettre de corriger deux défauts majeurs. Le financement profondément antisocial du système, tout d’abord. Les primes par tête sont un modèle totalement dépassé. Il est temps de l’abolir. Il y a ensuite les reliquats du système des caisses. Bien qu’obligatoire et universelle, l’assurance de base continue d’être gérée par 40 entreprises privées. Résultat: les assurés subissent aujourd’hui encore l’arbitraire des caisses, par exemple lorsque le médecin-conseil d’une assurance refuse une garantie de prise en charge des frais.

Pendant ce temps, les lobbyistes du camp bourgeois au Parlement tentent d’imposer une autre logique, au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes. Ils prétendent que l’assurance de base est trop généreuse et qu’il suffirait de tailler dans le catalogue des prestations pour faire baisser les primes. Leur objectif en réalité est clair. Ils cherchent à transférer toujours plus de prestations de l’assurance de base vers les complémentaires. La peine est double: non seulement les assurés auront encore plus de mal à financer ces traitements, mais les lobbies concernés engrangeront encore davantage de profits. De plus, l’argument du catalogue de prestations trop généreux ne tient pas. Il suffit de regarder les soins dentaires: dans les pays de l’OCDE, plus de 30% sont financés en moyenne par l’Etat et via l’assurance de base, tandis qu’en Suisse, cette part n’atteint qu’un maigre 8%.

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