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La Grève féministe veut réduire le temps de travail

Tamara Knezevic lors de la Grève féministe de 2023
© Olivier Vogelsang/archives

Tamara Knezevic, secrétaire syndicale à Unia Vaud, à la grève féministe de 2023 à Lausanne.

A Lausanne, des assises nationales ont permis de préciser les revendications autour du thème du care pour la mobilisation du 14 juin 2027.

Le 14 juin 2027, les collectifs de la Grève féministe au niveau national espèrent des mobilisations d’ampleur comme en 2019 et en 2023. A Lausanne, le 3 octobre dernier, des assises nationales ont permis de préciser les revendications autour du large thème du care. Plus de 130 militantes de toute la Suisse, dont bon nombre de syndicalistes, y ont participé. Tamara Knezevic, secrétaire syndicale à Unia et membre depuis le début du collectif vaudois de la Grève féministe, nous résume cette journée intense en échanges.

Quels grands axes ont surgi de cette journée de réflexion?
Pour la première fois, depuis 2019, nous avons réussi à nous mettre d’accord sur un mot d’ordre au niveau national, même si, bien sûr, les réalités cantonales et communales sont variées. C’est à mon avis une grande avancée, car généralement nous avons envie de tout thématiser avec le risque que le message se perde. Car si tout devient priorité, rien n’est prioritaire. Nous nous sommes donc mises d’accord sur une revendication principale: la réduction du temps de travail sans perte de salaire et sans intensification du travail, ainsi que la prise en charge collective du travail non rémunéré du care. 

Le temps de travail touche toute la société, pas spécifiquement les femmes…
En effet. En plus d’être un thème historique pour les syndicats, il est intersectionnel, car il touche à la santé, physique et mentale, au temps libre, à la vie de famille, et à l’écologie en réduisant l’empreinte des transports et de la production. Réduire le temps de travail signifie aussi qu’il soit mieux distribué, même si le taux de chômage est bas. Je rappelle que la Suisse est le pays européen où l’on travaille le plus.

Pensez-vous à une semaine de 35 heures?
Nous avons décidé de ne pas préciser de chiffres, car beaucoup de modèles existent. Et pour certains secteurs, cela peut être compliqué. Surtout quand on est payé à l’heure, comme les femmes de chambre dans les hôtels par exemple, qui ont besoin de travailler beaucoup justement pour s’en sortir financièrement… d’où l’importance d’articuler cette revendication selon les secteurs. De passer de 43 heures dans le nettoyage à 35 heures, c’est un saut énorme. La campagne, de longue haleine, pour une réduction du temps de travail passe aussi par des négociations entre employeurs et syndicats. 

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