La coalition No G7 appelle à manifester le 14 juin à Genève. Avant et après, de nombreuses perturbations, imposées par le Sommet à Evian, sont à prévoir.
A Genève, une grande manifestation est prévue le dimanche 14 juin contre le Sommet qui réunit les puissances économiques occidentales: Allemagne, Canada, USA, France, Italie, Japon et Royaume-Uni. Pour mémoire, depuis 1975, celles-ci se retrouvent pour discuter économie et géopolitique (la Russie les a rejoints en 1997, avant d’en être exclue à la suite de l’annexion de la Crimée en 2014). L’autorisation a été arrachée de longue lutte et le tracé imposé par les autorités laisse les organisateurs toujours insatisfaits (du moins au moment du bouclage de ce journal). A priori, le départ devrait avoir lieu à 16h depuis le parc Mon Repos.
Une grande rencontre internationaliste est également prévue le 13 juin avec plus d’une quinzaine de tables rondes et une quarantaine d’invités. Un village alternatif, strictement réglementé, devait être organisé à Annemasse, mais les organisateurs ont décidé de renoncer à ce contre-sommet tant les mesures exigées par les autorités de Haute-Savoie sont jugées comme irréalistes. Voilà pour la forme qui fait écho au fond. L’Appel de la coalition No G7 – qui regroupe plus d’une soixantaine de collectifs et d’organisations, entre autres syndicales – prend position contre le fascisme, l’impérialisme et les guerres: «Une crise généralisée secoue le capitalisme mondial: afin de maintenir l’hégémonie du Nord global, les membres du G7 – ses principaux acteurs – se radicalisent. Cette recomposition de l’ordre mondial nourrit directement la prise de pouvoir de l’extrême droite.»
Les inégalités en augmentation
«Les masques tombent lorsque les gouvernements du G7 refusent d’imposer des sanctions contre l’Etat colonial et génocidaire d’Israël et bafouent le droit international, rendant visible ce que les peuples colonisés martèlent depuis des décennies: le processus de décolonisation n’a jamais abouti et a été remplacé par de nouvelles formes de domination impérialiste», écrit encore la coalition. Celle-ci s’oppose également au capitalisme fondé sur l’accumulation du profit, la répartition de plus en plus inégale des richesses (le 1% des plus fortunés détient près de 50% des richesses planétaires) et l’exploitation des ressources et des travailleuses et des travailleurs. «Les dirigeants du G7, main dans la main avec la classe capitaliste, intensifient leurs stratégies habituelles: augmentation du temps de travail, de l’âge de la retraite et des loyers, diminution des salaires, démantèlement des services publics et des protections sociales.»
Au service des multinationales
«La prédation par les pays du G7 – mais aussi par la Suisse – s’effectue également par l’intermédiaire de leurs multinationales à travers une course aux matières premières qui s’épuisent. Cet extractivisme forcené exploite les corps des peuples du Sud global. En même temps, l’Occident ferme ses frontières aux populations des pays qu’il ravage», peut-on encore lire dans l’Appel. De plus, ce système génère l’extinction massive des espèces et une pollution mortifère, rappelle la coalition. Mentionnant la lutte des peuples palestinien, soudanais, ukrainien ou encore congolais, elle s’insurge contre le cynisme des guerres qui représentent «autant d’opportunités de profits pour les industriels de l’armement». Sans compter que l’argent public détourné au profit de la défense, entraîne toujours plus d’austérité.
L’Appel alerte encore contre la montée du masculinisme, des violences sexistes et sexuelles, racistes et néocolonialistes. «Pour une lutte antifasciste efficace, attaquons-nous aux racines du problème incarné par les membres du G7. Dans ce climat de toute-puissance viriliste, le combat contre le fascisme est et sera toujours un combat féministe et queer!» La mobilisation du 14 juin, jour traditionnellement dévolu à la Grève des femmes, sera là pour le rappeler.