Trois nettoyeuses sur quatre jugent leur salaire trop bas
La Maison de quartier de Chailly – dans laquelle s’était déjà déroulée l’AG vaudoise du nettoyage en juin – accueillera la conférence professionnelle de la branche dans quelques jours.
Les travailleuses romandes ont répondu en nombre au sondage d’Unia. Le revenu est le problème principal de la branche, dont la CCT romande doit être renouvelée prochainement.
Les nettoyeuses veulent un meilleur salaire. C’est le résultat qui apparaît très nettement dans le sondage organisé par Unia dans toute la Suisse romande. Dans le cadre du renouvellement de la Convention collective de travail (CCT) du nettoyage romand, le syndicat a posé plusieurs questions aux travailleuses. Plusieurs centaines de personnes ont ainsi choisi parmi une liste de propositions, allant de l’accès à la formation à l’obtention de meilleures conditions de retraite, leurs priorités en vue des négociations qui se dérouleront en 2027.
La hausse du revenu arrive largement en tête. Selon les résultats provisoires, 72% des Romandes en font une revendication essentielle. La conquête d’une cinquième semaine de vacances se classe en deuxième position (42%). Les travailleuses demandent aussi à subir moins de stress (41%). Un supplément de revenu le samedi (36%), de meilleures retraites (34%) et une meilleure protection en cas de maladie ou d’accident (33%) suivent dans le classement.
Insatisfaction globale
Le sondage réalisé par Unia met également en lumière un malaise diffus au sein de la branche: 56% des personnes qui ont répondu ne sont pas satisfaites par leur travail. Les principales causes de cet état de faits, mises en avant par le personnel, sont les revenus trop bas, mais aussi le manque de reconnaissance pour le travail fourni. «Malgré la situation de précarité dans laquelle se trouvent de nombreuses nettoyeuses, on voit que ce ne sont pas uniquement les aspects matériels qui les intéressent, note Ulysse Goël, responsable de la branche à Unia Vaud. Elles demandent de la bienveillance et du respect. C’est aussi le rôle d’un syndicat de leur permettre d’avoir un espace où elles peuvent s’exprimer et où leur voix a de la valeur.»
La mobilisation des travailleuses – elles étaient une centaine dimanche 25 octobre lors de l’assemblée générale vaudoise – est un succès… ce qui met désormais une certaine pression sur le syndicat. «Les nettoyeuses ont montré leur intérêt pour les négociations à venir et elles étaient très impliquées lors des séances, notamment grâce au service de traduction mis en place par Unia, analyse Ulysse Goël. Donc maintenant, c’est à nous d’obtenir des résultats satisfaisants en 2027. Mais savoir que le personnel est derrière nous et qu’il compte sur nous, c’est une pression très positive!»
Le 8 novembre prochain, les travailleuses romandes et les secrétaires syndicaux se réuniront lors de la conférence professionnelle de la branche pour déterminer quelles seront leurs revendications concrètes, en se basant notamment sur le résultat du sondage d’Unia. Une délégation consultative de nettoyeuses, qui suivra l’équipe syndicale tout au long des négociation, sera également formée.