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Quand les plateformes en ligne font dans l’escroquerie

Malgré les innombrables doléances qui leur sont adressées de toutes parts, malgré les amendes très salées qui leur sont infligées par des organes de contrôle, les plateformes en ligne continuent d’attirer chaque jour des milliards de visiteurs uniques dans le monde et rien ne semble enrayer la marche de leurs affaires très lucratives. On le sait pourtant, la galaxie Meta (Facebook, Instagram et WhatsApp), mais aussi TikTok et Google, ont acquis depuis plusieurs années déjà le statut de réceptacles de toutes sortes d’opérations de désinformation, de messages à caractère haineux et de théories complotistes souvent fantaisistes. A ce titre, on ne compte plus les campagnes électorales dont le cours a été en partie subverti ou pollué par d’obscurs agents gouvernementaux s’étant servis de ces outils pour influencer le résultat du vote populaire.

C’est hélas moins connu: ces mêmes géants du numérique génèrent des profits mirobolants en accueillant chaque jour des millions de publicités mensongères ou trompeuses. Ces annonces promettent la réalisation de rêves déconnectés de toute réalité. Elles vous proposent un investissement ultra-avantageux dans les cryptomonnaies, elles vous disent que vous allez trouver l’âme sœur en quelques clics à peine, quand elles ne vous donnent pas les recettes miracles pour perdre beaucoup de kilos en seulement quelques semaines. Rien que pour le groupe Meta, cette part publicitaire rapporte quelque 16 milliards de dollars par an, ce qui représente 10% du chiffre d’affaires du conglomérat contrôlé par Mark Zuckerberg. La même entité souligne qu’elle recense chaque jour sur ses réseaux 15 milliards d’annonces frauduleuses. Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) estime que plus de 200 millions de citoyens du Vieux-Continent sont directement concernés et touchés par ces contenus.

Face à ces abus, la riposte s’organise tant bien que mal. A l’échelle nationale, la Fédération romande des consommateurs (FRC) ainsi que d’autres organisations qui protègent les intérêts des internautes, après avoir publié à la mi-mai un rapport édifiant sur les dérives en question, se tournent désormais vers le monde politique. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), tout comme le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) ont été interpellés afin qu’une régulation en la matière soit mise en œuvre au plus vite. Aux Etats-Unis, Meta fait l’objet de plusieurs actions en justice concernant ce même thème. La défense des plateformes incriminées? Google, en réponse à une enquête de Reuters publiée en novembre 2025, affirme supprimer 99% des publicités mensongères ou frauduleuses avant même que les internautes n’en prennent connaissance. Même argument du côté de Meta, qui avance un pourcentage de 92%. Il n’empêche, la partie résiduelle non effacée rapporte gros. Et c’est sur ces pourcentages infimes d’arnaques que les deux groupes font leurs choux gras. La preuve? A la suite des dernières dénonciations en Suisse, survenues entre 2025 et 2026, seuls 27% des contenus problématiques restés en ligne ont été retirés…

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