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«Nous sommes la plus grande organisation démocratique du monde»

Scène du congrès.
© Horst.Wagner.eu/ITUC

Le congrès de la Confédération syndicale internationale, qui a réuni à Melbourne un millier de syndicalistes provenant de 130 pays, avait pour fil rouge l’émergence d’un nouveau contrat social mondial pour le XXIe siècle.

Secrétaire migration d’Unia, Marie Saulnier Bloch a participé au congrès de la Confédération syndicale internationale tenu en Australie

Le mouvement syndical mondial a tenu sa grand-messe à Melbourne du 17 au 22 novembre. Représentant environ 200 millions de travailleurs et de travailleuses, un millier de syndicalistes de 130 pays se sont réunis en Australie pour le congrès de la Confédération syndicale internationale. Les principaux débats se sont déroulés autour de l’idée de faire émerger un nouveau contrat social mondial pour le XXIe siècle. La déclaration finale du congrès défend ainsi des emplois respectueux du climat, les droits des travailleurs, des salaires justes, une protection sociale, l’égalité et l'inclusion. «Nous avons besoin d’un nouveau modèle économique conjugué à de nouveaux schémas commerciaux reposant sur le plein-emploi, le travail décent et la prospérité partagée. Il ne s’agit de rien moins que de créer les conditions propices à la paix, à la justice sociale et à la survie», a résumé la secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow. Des résolutions ont aussi été adoptées pour dénoncer la montée de l’extrême droite, la guerre en Ukraine, au Yémen et en Ethiopie, les répressions des mouvements citoyens, des organisations de travailleurs et des femmes en Iran, en Chine, en Afghanistan, à Hong Kong, en Biélorussie et au Myanmar. Juste avant l’ouverture du congrès s’est tenue la Conférence mondiale des femmes. Les militantes de la CSI ont élaboré un programme comportant de nombreuses revendications en faveur de l’égalité de genre, la création d’une économie des soins ou encore le renforcement des femmes dans les organes dirigeants des syndicats.

«J’ai ressenti la force de l’union»

«La conférence et le congrès, en particulier les forums et les ateliers, ont été très utiles pour l’échange de perspectives et la définition des visions et des engagements communs. Nous avons beaucoup partagé», se félicite la secrétaire migration d’Unia, Marie Saulnier Bloch, qui faisait partie de la délégation de l’Union syndicale suisse (USS). «Les déclarations adoptées sont très fortes sur le plan politique. Elles n’ont pas été prises pour faire joli sur une étagère, elles vont appeler à intensifier nos efforts pour être concrets et à tisser des liens solidaires entre syndicats. Ce que je retiens, c’est que nous n’avons pas qu’abordé l’amélioration des conditions de travail et les questions salariales, l’accent a aussi été mis sur les efforts à entreprendre en termes d’égalité et d’inclusion. L’appel a été lancé de poursuivre nos combats en alliance avec les différents mouvements sociaux. La transition écologique et sociale doit inclure les plus précarisés d’entre nous. Il faut aussi souligner l’importance des femmes présentes et dirigeantes dans les syndicats, on voit à quel point cet accent féministe et le rôle des femmes dans les syndicats sont essentiels. Nous avons partagé la fierté de notre identité de syndicalistes et de notre intelligence collective en tant que mouvement. Nous sommes la plus grande organisation démocratique du monde et le congrès de la CSI est l’illustration de ce que veut dire l’internationalisme syndical. Cela n’avait rien à voir avec une ambiance d’expats onusiens privilégiés, j’ai eu le sentiment d’appartenir à un réel mouvement collectif et combatif, au-delà des frontières et des disparités politiques et syndicales. J’ai ressenti la force de l’union de tous dans la défense d’un dénominateur commun.»

Le congrès a également renouvelé les instances dirigeantes de la CSI. Le dirigeant de la Confédération européenne des syndicats, Luca Visentini, a été élu secrétaire général (voir aussi ci-dessous). Pour succéder à l’Australienne Sharan Burrow, l'Italien était opposé au Turc Kemal Özkan, secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union. Né à Udine en 1969, Luca Visentini a étudié la philosophie à l’université, puis a travaillé pour l’Unione italiana del lavoro avant de rejoindre en 2017 la CES. Auteur d’ouvrages de poésie et de nouvelles, il est, par ailleurs, connu pour être actif dans les réseaux culturels.

Plus d’infos au sujet du congrès sur: congress2022.ituc-csi.org

Luca Visentini: «Je suis innocent»

A peine élu secrétaire général de la CSI, Luca Visentini se retrouve mêlé au scandale du «Qatargate», cette affaire de corruption autour du Parlement européen. Interpellé au même moment que la députée Eva Kaili, le dirigeant syndical a été interrogé par la police belge avant d’être relâché. «Je suis innocent de tout méfait, a déclaré le syndicaliste. La corruption, sous toutes ses formes, est totalement inacceptable. Je tiens également à réaffirmer la position que j’ai adoptée publiquement, selon laquelle davantage de pressions doivent être exercées sur le Qatar en faveur des droits des travailleurs et des autres droits humains. La situation aujourd’hui n’est toujours pas satisfaisante.» La CSI a annoncé que Luca Visentini avait remis ses fonctions la semaine dernière au secrétaire général adjoint, Owen Tudor, et qu’un Conseil général devait se réunir ce mercredi 21 décembre pour débattre de la situation et décider des mesures à prendre.

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