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Logements d’utilité publique: le signal mitigé du Conseil des Etats

La Chambre haute a validé ce mardi 2 juin l’augmentation d’un fonds en faveur de ces logements où le loyer est basé sur les coûts plutôt que sur la spéculation. Une hausse insuffisante pour l’ASLOCA.

Le Conseil des Etats approuve l’augmentation de 150 millions de francs destinée au fonds de roulement pour la création de logements d’utilité publique (LUP), ainsi qu’un crédit d’engagement en faveur de la Centrale d’émission pour les maîtres d’ouvrage d’utilité publique. Deux outils indispensables pour les LUP sont ainsi sauvegardés. Reste que la Chambre haute aurait pu soutenir davantage ces logements indispensables pour les locataires les plus précaires. «Les 150 millions actuels permettent tout juste aux coopératives d’habitation de conserver leur part de marché, et non de se développer», note le Parti socialiste dans un communiqué.

Ce vote ne réjouit pas plus l’Association suisse des locataires. «Avec 4 %, la part des logements d’utilité publique en Suisse reste modeste, analyse l’ASLOCA. Les fonds approuvés suffisent tout au plus à maintenir cette part. On ne peut en aucun cas parler d’un véritable renforcement.»

Le spectre de l’initiative du chaos

Derrière cette décision planait évidemment l’initiative de l’UDC «Pas de Suisse à 10 millions!». Selon ses défenseurs, un «oui» le 14 juin serait une victoire dans la lutte contre la pénurie de logement… De simples paroles pour Michael Töngi, vice-président de l’ASLOCA Suisse, qui préfèrerait des actes concrets. «Ce n’est pas avec une politique symbolique que l’on fera baisser les loyers, mais en soutenant beaucoup plus fortement la construction de LUP. Les représentant·e·s du camp en faveur de l’initiative au Conseil des États ont rejeté une augmentation des moyens destinés au logement abordable. Cela montre à quel point leur prétendue préoccupation pour les locataires est peu crédible.» 

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