Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

L'été de tous les dangers

L’été qui touche à sa fin est le plus chaud jamais enregistré en Europe de l’Ouest. Même la Suisse, souvent qualifiée de château d’eau du continent, n’a pas été épargnée par les vagues de chaleur et la sécheresse. Mais ce qui a particulièrement marqué les esprits, ce sont ces gigantesques incendies survenus un peu partout dans le monde. Par exemple en France, où des centaines d’habitations et de bâtiments ont été détruits, en Gironde et ailleurs. Un désastre environnemental - des dizaines de milliers d’hectares de forêts partis en fumée - et humain. On n’est pas près d’oublier ces visions d’apocalypse de gens obligés de quitter en urgence leurs maisons face à l’avancée fulgurante des flammes. 

Cela n’est qu'un avant-goût des cataclysmes qui nous attendent si on ne fait rien pour enrayer la spirale du dérèglement climatique. Or, au-delà des beaux discours, on attend toujours que les décideurs politiques arrêtent de temporiser et prennent enfin le taureau par les cornes pour réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre. Mais ils n'ont qu'une obsession en ce moment: rétablir la navigation dans le détroit d'Ormouz afin de faire baisser le prix du pétrole. Au lieu de voir dans cette crise géopolitique un argument de plus pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles, ils se raccrochent désespérément à celles-ci comme un naufragé à sa bouée, sans s’apercevoir qu’en fait de bouée, il s’agit plutôt d’un boulet qui nous tire tous vers le fond.

Nous continuons de tergiverser alors que cela fait des décennies que les scientifiques nous prédisent une catastrophe. Hélas, ils sont eux-mêmes devenus la cible d’une vague de révisionnisme climatique menée par Trump et consorts. En attendant un indispensable sursaut politique, il faut donc s'adapter à cette réalité. Car il ne s’agit pas d’aléas météorologiques, mais d'un phénomène qui est parti pour durer.

Il est nécessaire d'avoir une réponse coordonnée au niveau fédéral pour protéger les ouvriers de la canicule

En matière d’adaptation, au moins, il est possible d’intervenir rapidement pour protéger la santé des travailleuses et des travailleurs. Les salariés de la construction, en particulier, subissent de plein fouet ces vagues de chaleur à répétition. Un sondage réalisé cet été par Unia montre qu’un ouvrier sur six a été témoin ou victime d’un malaise lié à la canicule sur son lieu de travail (lire en page 3). Pourtant, des mesures relativement simples peuvent être prises: pauses plus fréquentes, adaptation des tâches et des horaires de travail ou encore mise à disposition d’un lieu frais et ombragé où effectuer les pauses. Hélas, les employeurs et les maîtres d’ouvrage, obsédés par les délais et les coûts, s’y plient trop rarement, et les contrôles sont insuffisants. 

Exception notable: à Genève, au plus chaud de l’été, les autorités et les partenaires sociaux se sont accordés sur l’arrêt des travaux à 13h, passé un certain seuil de chaleur. Une règle qui a été plutôt bien suivie. Mais on ne peut pas continuer de laisser chaque canton faire sa popote dans son coin, comme si les effets de la canicule sur les travailleurs n’étaient pas les mêmes partout. Il est nécessaire d’adopter une réglementation coordonnée au niveau fédéral, et de se donner les moyens de la faire respecter, avec des sanctions à la clé et un système d’indemnisation des heures non travaillées. Unia suggère un principe qui a le mérite d’être clair: en l’absence de pauses régulières, faire cesser le travail en extérieur dès que le thermomètre affiche 33 degrés. Une proposition à laquelle 81% de la population est favorable, selon un sondage de Tamedia. Quoi qu’il en soit, n’attendons pas que le mercure atteigne à nouveau des sommets pour agir. Et rendez-vous dans les principales villes de Suisse pour manifester sous le slogan «Pas d’étés à 50 degrés!». Histoire que ce cri d’alarme soit suivi d’effets.

Pour aller plus loin

Les héros sont parmi nous

Sylvie Dupraz, Sandrine Rollinet et Cinzia Sigg assises autour d'une table.

Deux courts métrages mettent en lumière des citoyens de Vevey et d’Yverdon-les-Bains, acteurs de la transition écologique, à leur échelle. Inspirant

«Quand je pense au climat, j’ai la trouille»

Manifestation pour le climat à Lausanne le 2 février 2019

Dominique Bourg fait partie des chercheurs et enseignants qui feront grève pour la planète le 15 mars

Un coup de pouce au jardin

L’association Rovéréaz à Lausanne lance une campagne de financement citoyenne pour son «Jardin aux 1000 mains» en proposant le parrainage d’un élément du potager: un mètre cube de...

La mobilisation pour le climat grandit

Le 18 janvier dernier plus de 22000 étudiants avaient déjà fait grève dénonçant l’incurie des dirigeants sur la question climatique.

Plus de 22000 étudiants dans plusieurs villes de Suisse ont fait grève et sont descendus dans la rue le vendredi 18 janvier. Samedi 2 février, ils invitent à de nouvelles...