Les mineurs non accompagnés restent discriminés

La droite du Grand Conseil a rejeté une résolution qui demandait de meilleures conditions d’accueil pour les jeunes migrants

La résolution «Pour des conditions d’accueil dignes des mineurs non accompagnés» a été rejetée mardi 8 mai par une petite majorité de députés du Grand Conseil vaudois (69 contre, 63 pour). En préambule au débat, Jean-Michel Dolivo, député d’Ensemble à Gauche, a rappelé que tout enfant, qu’il soit demandeur d’asile ou de Suisse, a le droit d’être traité de la même manière: «Or, le taux d’encadrement est insuffisant. Des agents de sécurité en lieu et place des éducateurs assurent les week-ends et les nuits. Il arrive qu’un seul éducateur doive prendre en charge 35 jeunes!»

Les arguments de la gauche de l’hémicycle ont fait écho à la manifestation et à la grève des éducateurs de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (Evam) à Lausanne le 24 avril dernier. A savoir, le droit à un encadrement suffisant en fonction des besoins de ces enfants particulièrement vulnérables, sans famille et au parcours traumatique. Des circonstances qui les poussent parfois à la violence, à des tentatives de suicide, voire à la disparition... Et ce n’est pas nouveau. Depuis fin 2014, les équipes éducatives de l’Evam dénoncent de manière récurrente des dysfonctionnements graves qui dégradent la vie de ces enfants.

Investir pour le futur

Lors du débat, le socialiste Claude Schwab a appelé également à dépasser le clivage gauche–droite: «La gauche n’a pas le monopole du cœur, la droite n’a pas le monopole de l’économie. Donc je vais parler strictement sur le plan économique. Ces jeunes vont devenir adultes et économiquement c’est maintenant qu’il faut les encadrer pour éviter que cela ne coûte plus cher ensuite à la société.» Autrement dit, il s’agit de tout mettre en œuvre pour leur offrir de bonnes conditions pour étudier et se former.

Au final, la majorité de droite a estimé que le canton de Vaud offrait un bien meilleur accueil que dans les cantons voisins, et que les taux d’encadrement étaient donc suffisants. «Il n’y a pas une norme SPJ (Service de protection de la jeunesse, ndlr) et une norme MNA (mineurs non accompagnés, ndlr)! Les foyers sont dotés selon les besoins de la population. Flux différents, besoins différents. C’est du sur-mesure, pas du prêt-à-porter», a tonné le conseiller d’Etat en charge du dossier, Philippe Leuba.

Et de rappeler qu’à la suite de sa rencontre avec l’EVAM, accompagné de la conseillère d’Etat Cesla Amarelle, l’engagement avait été pris de mettre en place un «concept éducatif»… A suivre.