Aller au contenu principal
Menu

Thèmes

Rubriques

abonnement

Attaques contre le service civil

Militaire assis à une table
© Thierry Porchet - Archives

Les partisans de la révision du service civil craignent pour les effectifs de l’armée. Pour l’heure, paradoxalement, ses 146'700 soldats dépassent la limite maximale légale de 140'000...

Le 14 juin, la Suisse doit se prononcer sur une modification de la Loi sur le service civil. Explications.

La campagne sur la réforme du service civil peine à se faire entendre face à l’initiative populiste de l’UDC «Pour une Suisse à 10 millions». Or, cette modification de la loi est loin d’être anodine. Si elle venait à être acceptée, la réduction du nombre de civilistes aurait un impact négatif sur les secteurs du social, de la santé (notamment dans les EMS et les institutions pour personnes handicapées) et de la protection de l’environnement. Cela signifierait une diminution de 40% des jours de service civil (en 2024, 1,9 million de jours ont été effectués) dans des domaines où l’apport de ces travailleurs est essentiel face à la pénurie de main-d’œuvre et au manque de financement. Les opposants à cette modification de la loi – les Vert-e-s, les Jeunes Vert-e-s, la Fédération suisse du service civil, le Parti socialiste, les autres partis de gauche ou encore le Groupe pour une Suisse sans armée – craignent ainsi un affaiblissement des collectivités publiques.

La majorité bourgeoise du Parlement et le Conseil fédéral estiment, quant à eux, que le service civil serait devenu trop «confortable» et trop facile d’accès. Or, cet argument ne tient pas la route pour les opposants à l’origine du référendum. Ceux-ci rappellent que le service civil dure déjà plus que l’armée (360 jours au lieu de 240). Ils craignent également que ce ne soit qu’un premier pas vers un démantèlement du dispositif. La réintroduction de l’examen de conscience (aboli en 2009) ou la fusion entre le service civil et la protection civile (pour les personnes inaptes au service militaire) sont d’ailleurs déjà en discussion au sein des Chambres. 

Les tenants de cette révision craignent pour les effectifs de l’armée. Pour l’heure, paradoxalement, ses 146'700 soldats dépassent la limite maximale légale de 140'000 (selon la loi, l’armée doit être dotée d’un effectif réglementaire de 100'000 militaires). Et ce même si le nombre de nouveaux civilistes ne cesse d’augmenter (7211 en 2025).

 

Démantèlement du service civil

Plusieurs mesures sont prévues par la réforme. La principale exige que les soldats quittant l’armée pour le service civil – généralement par conflit de conscience – s’engagent pour un minimum de 150 jours, alors que, jusqu’ici, les jours de service militaire étaient déduits. 

La planification serait moins souple: une période de service civil devrait être fixée chaque année et l’affectation longue de 180 jours devrait être effectuée dans l’année suivant l’admission pour les personnes sortant de l’école de recrue. De surcroît, la séance annuelle de tir pour ceux ayant fait l’armée serait obligatoire. Les affectations dans la santé, nécessitant des études de médecine, seraient interdites dans le cadre du service civil (pour pallier le manque de personnel médical qualifié dans l’armée). 

Dans une étude menée de 2023 à 2024 sur les raisons du passage du service militaire au service civil, mandatée par le Groupement Défense en collaboration avec l’Office fédéral du service civil (CIVI), en plus du conflit de conscience, figurent la notion du sens, la flexibilité avec la vie privée, ainsi qu’une critique des structures hiérarchiques, du style de commandement et de mauvaises expériences lors de l’école de recrue. L’enrôlement obligatoire des sous-officiers est aussi critiqué. Ce qui fait dire aux référendaires que, plutôt que de démanteler le service civil, il vaudrait mieux améliorer les conditions du service dans l’armée.

Pour aller plus loin

L’initiative du chaos à travers les yeux d’un secundo

Homme portrait

Fils d’immigrants italiens, metteur en scène et artiste, Massimo Furlan a fait de la question migratoire un thème nourrissant ses productions. Il s’exprime sur la proposition radicale de l’UDC.

Projecteur sur une mesure de justice redistributive

Flyer salaire minimum vaud

La Haute école de travail social et de la santé Lausanne vient de publier un ouvrage collectif sur les politiques du salaire minimum en Suisse. Entretien avec Alessandro Pelizzari, codirecteur de la publication.

«Les seniors, ça vaut de l’or!»

Aînés dans la rue

Le 14 juin prochain, Neuchâtel vote sur une initiative du Comité pour une Constitution respectueuse des aînés, dont fait partie le groupe des retraités d’Unia.

La Suisse face à son destin

Après des mois de débat enflammé, l'heure du verdict a bientôt sonné. Ce 14 juin, jour de mobilisation pour les droits des femmes et contre le G7, représente aussi une date...