Une victoire encourageante pour les femmes

Licenciée à son retour de congé maternité, Céline Zoeteweij vient de voir le caractère discriminatoire de son renvoi confirmé par le Tribunal fédéral. Soulagement!

L’année dernière, nous avions relaté le long combat mené par Céline Zoeteweij (voir notre édition du 20 mars 2019) à la suite de son licenciement par la régie Pilet & Renaud SA, le jour de son retour de congé maternité. Après quatre ans de batailles juridiques, le Tribunal fédéral a confirmé le 12 mai dernier le licenciement discriminatoire au sens de la Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes (LEg). Une excellente nouvelle selon Unia, qui rappelle que la lutte paie, et une vague de soulagement immense pour la jeune maman. «J’ai le sentiment de pouvoir respirer librement pour la première fois depuis bientôt quatre ans, réagit-elle. Jusque-là, je ne pouvais pas me rendre dans le quartier où se trouvent les bureaux de mon ancien employeur sans être envahie par un sentiment de honte et de malaise, et aujourd’hui, je me sens enfin légitime d'emprunter le boulevard Georges-Favon la tête haute et avec fierté.»

Long chemin judiciaire

Pour rappel, Céline Zoeteweij avait été embauchée par la grande régie immobilière en 2006 et avait gravi les échelons pour être nommée responsable de la communication en 2015, juste avant d’apprendre sa grossesse. Lorsqu’elle reprend le travail en septembre 2016 à la fin de son congé maternité, elle est remerciée le jour même par sa direction qui l’informe que sa remplaçante est plus compétente et qu’aucun autre poste n’est disponible. C’est alors qu’elle décide, avec l’aide d’Unia, de contester son licenciement, qu’elle juge abusif et clairement lié à sa maternité.

Elle essuie un premier échec au Tribunal des prud’hommes, puis gagne en seconde instance, le 9 janvier 2019: Pilet & Renaud SA est condamné à lui verser une indemnité de trois mois de salaire à titre de licenciement discriminatoire au sens de la LEg. A la suite de quoi la régie a fait recours contre cette décision au Tribunal fédéral, avant que celui-ci le rejette le 12 mai dans un jugement, pour l’heure, non motivé.

Victoire encourageante

Près de quatre ans de combat auront été nécessaires pour que Céline Zoeteweij obtienne la reconnaissance du préjudice subi, soit le fait d’avoir été licenciée en lien avec la maternité. «Ce jugement est une belle étape de gagnée face aux discriminations faites envers les femmes dans le monde professionnel, souligne-t-elle. C'est encourageant. J’espère de tout mon cœur que cela motivera les nombreuses femmes victimes de licenciement à leur retour de congé maternité à entamer les démarches nécessaires afin de demander réparation. Et à faire ainsi cesser que les employeurs aient recours à ce genre de méthodes.» Toutefois, le chemin à parcourir est encore long. «Comme le montre la perpétuation de telles pratiques, les discriminations dont les femmes font l’objet dans le cadre du travail ne s’arrêteront pas naturellement, écrit Unia dans un communiqué de presse. La libération de la parole des victimes et des sanctions strictes à l’égard des entreprises qui font preuve de sexisme sont essentielles pour que ces agissements cessent.»