Stop au renvoi forcé de requérants éthiopiens

Malgré la levée de boucliers d’associations actives dans le droit d’asile contre le renvoi forcé de requérants d’asile éthiopiens, les autorités ont affrété un vol spécial

Pas de rapatriements forcés des requérants d’asile en Ethiopie: dans un communiqué de presse du 26 janvier dernier, Amnesty International avait manifesté sa vive inquiétude face à la volonté du Secrétariat d’Etat aux migrations d’affréter un vol spécial en vue du renvoi d’exilés éthiopiens actuellement en détention administrative. Peine perdue. En dépit des réserves émises, des militants actifs dans la défense du droit d’asile ont annoncé qu’un avion pour Addis-Abeba avait bien décollé le 27 janvier dernier au soir. L’ONG avait pourtant rappelé les tensions politiques, le conflit armé dans la région du Tigré et les graves violations des droits humains prévalant dans cet Etat. Elle avait demandé à la Suisse de ne procéder à aucun retour contraint en raison de la précarité et de la situation sécuritaire du pays. Plusieurs autres organisations étaient aussi montées au créneau pour dénoncer les expulsions prévues. Et ont exposé les cas de différents demandeurs d’asile bien intégrés dans nos frontières et menacés par cette issue. Non sans souligner la grande détresse dans laquelle ils se trouvaient, l’un d’entre eux ayant même entamé une grève de la faim. La Ligue suisse des droits de l’homme et des partis de gauche et écologiques vaudois ont aussi appelé les autorités vaudoises à interpeller la Confédération pour mettre un terme immédiat aux retours sous la contrainte. Ils ont critiqué l’accord de réadmission signé entre la Suisse et l’Ethiopie en 2018, estimant qu’il devait être remis en question. «Depuis la signature de ce traité, le pays est passé par la guerre civile et est en proie à une instabilité politique permanente, soit suffisamment d’éléments nouveaux pour que la validité de l’accord soit questionnée», a argumenté la Ligue. Rappelons encore qu’en novembre dernier, l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés avait également réclamé l’arrêt immédiat des renvois forcés en Ethiopie, «au bord de la guerre civile» et, se référant aux chiffres du HCR, précisé que plus de 100000 personnes étaient en fuite.