La photographie comme arme de classe

Photo issue de l'exposition.
© Pierre Jamet

Le banc, Nice, 1936.

Jusqu’au 18 mars à Genève, une exposition met à l’honneur des artistes engagés dans la lutte antifasciste et la révolution sociale dans les années 1930. Une histoire inédite

La photographie des années 1930 ne se résume pas à celle de Robert Doisneau. C’est aussi l’avènement de jeunes artistes comme Jacques-André Boiffard, Henri Cartier-Bresson, Gisèle Freund, Germaine Krull, Eli Lotar, Lisette Model ou encore René Zuber. Mis à l’honneur dans une exposition conçue par le Centre Pompidou à Paris, Photographie, arme de classe réunit les travaux de ces photographes engagés qui ont utilisé leur art comme une arme pour documenter et dénoncer les réalités sociales en France, en Belgique, en Suisse et dans le monde, mais aussi le fascisme et la bourgeoisie.

Un pan de l’expo, installée à Genève le temps d’un mois, sera entièrement consacré à la Suisse romande et notamment aux événements du 9 novembre 1932 à Genève.

Membres de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires ou des Amateurs photographes ouvriers, ces photographes, pour la plupart communistes, collaboraient avec la presse de gauche afin de donner à voir la misère sociale de cette époque et la réalité des pauvres, des ouvriers et des travailleurs agricoles.

Une première pour le Centre de la photographie genevois, qui ne présente jamais de photographie historique. «Nous ne travaillons habituellement qu’avec des artistes vivants, confirme Joerg Bader, son directeur. Mais depuis mon arrivée à ce poste, je tiens à mettre la photographie engagée traitant des questions politique et sociale au cœur de notre programmation.»

Une exposition enrichissante, passionnante, et bien qu’historique, tellement actuelle.

Exposition jusqu’au 18 mars.
Du mardi au dimanche de 11h à 18h.
Centre de la photographie Genève, rue des Bains 28, 1205 Genève

Plein tarif: 5 fr.
AVS, étudiants, etc.: 3 fr.
Enfants: gratuit.

centrephotogeneve.ch