«Covid ou pas, notre colère est toujours là!»

Mosaïque de femmes en visioconférence.
© La Grève féministe et des femmes

La mobilisation féministe et des femmes ne faiblit pas, même en ligne.

Plus de 500 femmes de toute la Suisse se sont réunies virtuellement pour définir le programme de l’année et dénoncer la croissance des inégalités

Samedi dernier, quelque 500 militantes de tout le pays ont pris part aux Assises de la Grève féministe et des femmes* organisées en ligne. Côté romand, leur nombre s’élevait à plus de 300. «Une mobilisation extraordinaire. Elle montre à quel point le mouvement est toujours aussi vigoureux et laisse présager d’un 14 juin très réjouissant et combatif» a commenté, enthousiaste, Aude Spang, secrétaire nationale égalité à Unia et membre de la coordination des collectifs pour la Grève féministe. Et d’ajouter: «Le féminisme est clairement une des forces incontournables de la société dans les luttes sociales à mener. Plus question d’ignorer ses revendications.» L’assemblée a commencé par dresser un état des lieux de la situation à l’aune de la crise sanitaire avant de définir, dans le cadre de cinq ateliers thématiques, ses objectifs pour les mois à venir. «Depuis mars 2020, nous constatons avec colère que la pandémie exacerbe les inégalités sociales, économiques, de genre, entre les âges et entre personnes valides et celles en situation de handicap» ont dénoncé dans un communiqué les collectifs romands de la Grève féministe et des femmes*. A l’agenda de leurs luttes figure notamment, le 7 mars prochain, le rejet dans les urnes de l’initiative dite anti-burqa. Les activistes s’opposent en outre au projet d’AVS 21 qui entend fixer l’âge de la retraite des femmes à 65 ans au lieu des 64 ans aujourd’hui. «Cette hausse ne contribue que marginalement à améliorer le financement de l’AVS. Mettre fin aux inégalités salariales et augmenter les salaires y contribueraient davantage», peut-on lire en substance dans le communiqué. Aussi, les participantes ont appelé à une mobilisation massive le 8 mars prochain afin de contrer la réforme. Et ont invité à signer l’appel de l’Union syndicale suisse dans ce sens (voir en page 3).

La Suisse va trembler...

Les militantes se sont également positionnées en faveur de la Grève pour l’avenir, le 21 mai, et ont réitéré leur soutien aux actions pour le climat tout au long de l’année. «Nous luttons pour un futur égalitaire et solidaire qui est impossible si le système patriarcal, capitaliste et colonialiste continue de détruire la planète et de se nourrir de l’exploitation du travail des femmes*.» Sur le front des violences sexistes et sexuelles, les collectifs romands se battent pour une redéfinition du viol et de l’atteinte à l’intégrité sexuelle dans le Code pénal basée sur le consentement. Ils ont encore réaffirmé leur soutien au mariage pour tous, attaqué en référendum, tout en se positionnant pour un projet plus égalitaire. L’assemblée a par ailleurs manifesté sa solidarité avec les femmes polonaises luttant pour leur droit à l’avortement. Enfin les féministes ont affirmé se préparer pour le 14 juin prochain. Et promettent d’être visibles et bruyantes, mobilisées, tout en tenant compte de la situation sanitaire. «Nous verrons encore quelle forme prendra cette manifestation, mais nous serons présentes dans l’espace public» a indiqué Aude Spang. Dans tous les cas, les collectifs romands affirment d’ores et déjà: «Lors de cette journée, les femmes, personnes trans et non binaires se mobiliseront à leur façon et nous appelons à un moment commun à 18h. La puissance et la rage féministe feront à nouveau trembler la Suisse dans la créativité et la sororité et l’adelphité (relations solidaires et harmonieuses entre êtres humains, ndlr).»