Caisse maladie, l’inégalité est manifeste

Cette année, les caisses maladie nous présentent des hausses de primes plus modérées que les années précédentes. Mais attention, cela est trompeur. Notre système de financement de la santé est des plus inégalitaires.

Ce dernier ne tient pas compte de la capacité contributive de chaque assuré. Chaque canton gère le financement de la santé en fonction de son économie et de son territoire. Cela veut dire que les cotisations peuvent varier d’un canton à l’autre. Ce qui montre que nous ne sommes pas égaux entre citoyens d’un même pays. Ce financement est particulièrement injuste, parce qu’il est modifiable selon la situation politique. Par exemple lors d’une votation pour une caisse maladie publique, ou en année électorale, pour favoriser les partis bourgeois. De plus, la complexité de la gestion, qui prétérite les assurés par son manque de transparence, est inappropriée.

Tout cela donne un pouvoir exorbitant aux caisses maladie et à leurs dirigeants. On peut dire, sans se tromper beaucoup, que les caisses fonctionnent comme un cartel, ce qui est contraire aux principes de la bonne gestion, vantée par les maîtres de l’économie. Les assureurs se sont même appropriés une terminologie bien à eux, en changeant le mot de cotisation par celui de prime! Cet état de fait nous éloigne des principes de la mutualité, qui est préférable pour les patients que nous sommes tous! Finalement, à l’heure actuelle, nous ne savons pas si l’année prochaine l’augmentation des primes sera plus élevée que cette année.

C’est pour toutes ces raisons qu’il faut soutenir le principe d’une caisse maladie publique. Parce que tous les citoyens de ce pays ont droit à la même justice sociale.

Thierry Cortat, Delémont