La libre circulation, oui, mais avec des protections

Agrégation d'un drapeau Unia et d'un drapeau de l'Union européenne.
© Neil Labrador

Si les syndicats reconnaissent les effets bénéfiques de la libre circulation, ils s’opposent à tout affaiblissement des mesures d’accompagnement.

Avec quelque 31200 personnes, le solde migratoire des ressortissants de l’UE et de l’AELE en Suisse est resté stable en 2018 vis-à-vis de 2017; durant cette période, la libre circulation n’a, en outre, que peu influencé le taux de chômage et l’évolution des salaires de la population résidente, si l’on en croit le quinzième rapport sur la libre circulation présenté par le Secrétariat d’Etat à l’économie au début du mois.

Commentant cette publication, l’Union syndicale suisse (USS) reconnaît les effets bénéfiques de la libre circulation, qui a permis en 2002 d’abolir le statut inhumain de saisonnier et aux travailleurs européens d’être mieux protégés contre les abus. Par contre, la mesure a fait tomber les barrières pour le détachement de main-d’œuvre de l’étranger et le travail temporaire. La faîtière syndicale exige donc que les mesures de protection des salaires soient renforcées et non affaiblies, qu’elles soient garanties dans l’accord avec l’UE.

«Aujourd’hui, environ 120000 travailleurs détachés et indépendants travaillent en Suisse», explique Daniel Lampart. Selon le premier secrétaire de l’USS, les sociétés étrangères détiennent, dans certains cantons comme Genève, 10% du second œuvre et, suivant les régions, jusqu’au quart de certaines branches comme la construction en bois, métallique ou de cuisine. «Sans les mesures d’accompagnement, la situation deviendrait très critique. Les entreprises étrangères pourraient gagner d’importantes parts de marché avec des salaires au rabais, ce qui mettrait en péril les salaires et les emplois en Suisse.»

Autre souci, le travail temporaire, qui a augmenté de 55%, notamment par la possibilité offerte d’avoir recours à des personnes sans statut de séjour de longue durée. Ces résidents de moins de trois mois effectuent près de 30% des heures de travail temporaire. Et les abus sont nombreux. «Un contrôle sur trois met à jour des infractions», note Daniel Lampart. Afin d’éviter le problème, l’USS a une proposition toute simple: les mêmes conditions d’embauche doivent s’appliquer dans les entreprises entre travailleurs intérimaires et fixes.